Près d’un médecin sur deux a peur de faire une erreur médicale par manque de temps !

L’étude Odoxa du 18 juin dernier sur les conditions de travail du personnel en milieu hospitalier montre que les médecins sont de plus en plus sujets à la pression et au stress. En résulte une dégradation de la relation avec les patients et un risque grandissant d’erreurs médicales.  

Publiée le 18 juin, l’enquête Odoxa commandée par MNH, le Figaro et FranceInfo qui revient sur les conditions de travail dans les hôpitaux apportent des informations qui font froid dans le dos. Personnels hospitaliers et médecins sont unanimes : ils manquent tous de temps pour mener à bien leurs missions. 

Semaine de 47h, manque de discussion avec les patients, et erreurs médicales

Ce n’est une surprise pour personne : les hôpitaux et en particulier les urgences sont surchargées. En contrepartie, les effectifs se réduisent. Résulte alors une charge de travail en constante augmentation pour les personnels et les praticiens. Ainsi, d’après l’étude Odoxa, le temps de travail moyen hebdomadaire serait de 47h pour les médecins hospitaliers et 39h pour les personnels hospitaliers. 

Et ce n’est pas fini, ils sont 9/10 à considérer que leur charge de travail continu d’augmenter, soit progressivement, soit fortement ! Pour autant, personnels hospitaliers et médecins hospitaliers sont d’accord pour dire que si la direction est au fait de cette situation, elle n’est pas à l’écoute des problèmes (pour 77% des personnels et 69% des médecins) et n’agit pas pour améliorer les choses (83% et 77%). 

Si elle ne sait pas gérer son stress, elle n’a qu’à faire caissière à Casino ! 

C’est la réponse d’une cadre supérieure au CHU de Toulouse à une aide-soignante qui lui expliquait avoir affaire à une « organisation stressante ».  

Source : Marianne 

Ce manque de temps vient directement impacter la relation entre médecin et patient. Ainsi, si « seulement » 37% des personnels hospitaliers 42% des médecins estiment ne pas pouvoir prendre une pause durant leur travail, ils sont 70% et 49% à déplorer ne pas pouvoir assez parler au patient. 

Quand le temps dédié aux soins commence à manquer, les médecins se consacrent moins à l’explication des médicaments ou d’un acte chirurgical, ce qui créé de la crispation chez le patient et menace sa bonne adhésion au traitement. 

Dr Thévenot pour Le Figaro 

 

Cette disponibilité aléatoire semble s’expliquer par la nécessité des personnels hospitaliers (52%) et des médecins (65%) à réaliser des tâches administratives mais aussi par un mauvais pilotage des tâches à effectuer.  

L’autre conséquence directe est une charge de stress en constante augmentation chez les praticiens et les personnels hospitaliers. Ainsi, 47% des personnels hospitaliers craignent souvent voire toujours de faire une erreur par manque de temps. La statistique est de 43% chez les médecins hospitaliers. A contrario, seulement 16% et 20% des personnels hospitaliers et médecins hospitaliers ne craignent jamais ou rarement faire une erreur. 

Pour remédier à cela, la solution qui remporte le plus suffrage est l’embauche de personnels. Une proposition qui ne semble néanmoins pas être à l’ordre du jour.  

Selon les résultats de la 6e enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales et des traitements anti-infectieux (ENP), réalisée en mai et juin 2017, un patient hospitalisé sur vingt est porteur d’au moins une infection nosocomiale. Les infections nosocomiales restent par ailleurs davantage constatées dans les services de réanimation où 1 patient sur 4 est infecté. 

Source : Santé Publique 

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