Sale temps pour les produits retraite en capitalisation de la fonction publique. En fin d’année dernière Préfon a fêté ses cinquante ans dans une relative discrétion. Et pour cause, à peine les lampions de la fête éteints, le conseil d’administration réuni le 24 octobre 2014, décidait dans un silence assourdissant de prendre des mesures portant atteinte à la rentabilité d’un produit déjà peu intéressant au regard d’autres placements financiers.
Il est vrai que c’est d’abord un produit de défiscalisation pour les plus hauts traitements de la fonction publique. Il est vrai aussi que les gestionnaires du régime n’hésitent pas à recourir à des arguments spécieux pour attirer les épargnants. C’est ainsi qu’on pouvait lire dans les documents remis aux administrateurs en octobre dernier que « Préfon retraite est un régime en capitalisation entièrement provisionné. Il n’y a donc pas d’effet de la démographie sur l’équilibre du régime ». Une explication qui ne passe pas chez les actuaires. Ils observent que dès lors que Préfon utilise des tables de mortalité pour calculer ses provisions mathématiques et, partant de là, le salaire de référence et la valeur de service du point, le régime est autant vulnérable qu’un autre aux aléas démographiques.