Pour lutter contre les inégalités, Macron en appelle aux entreprises

Trente-quatre multinationales, pesant au total plus de 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, ont rejoint une coalition qui vise à regrouper et renforcer les efforts déployés pour lutter contre les inégalités.

 

Cette initiative (Business for Inclusive Growth, B4IG) soutenue par le président français Emmanuel Macron, conduite par le PDG de Danone Emmanuel Faber et appuyée par l’OCDE, sera présentée vendredi à l’Elysée, en amont du Sommet du G7 de Biarritz. 

« Dans beaucoup des pays du G7, l’effritement des classes moyennes, qui sont la fondation de l’économie de marché, doit être une alerte car il est démontré qu’au delà d’un certain seuil, les inégalités pèsent sur l’économie » 

Emmanuel Faber, PDG de Danone 

« Plus de distinction de salaire d’après le genre »

Ce n’est donc pas « une question d’idéologie », mais « de réalisme », qui « appelle à une action collective et inclusive, de la part des gouvernements et des entreprises », souligne-t-il. Le PDG de Danone ne sera pas le seul à mener ce combat puisqu’il sera acommpagné de François-Henri Pinault, pDG de Kiering. A eux-deux, ils doivent rassembler les entreprises pour lutter contre les inégalités mais aussi entreprendre des actions en faveur du climat et de l’environnement. 

Ces 34 entreprises, employant au total plus de 3,5 millions de personnes, s’engagent dans une charte à « intensifier leur action pour faire progresser les droits humains à tous les stades de leurs chaînes de valeur (…) et à renforcer l’inclusion dans leurs écosystèmes internes et externes », selon le communiqué. 

Ce manifeste est « extrêmement engageant », et « rédigé au mot près avec les entreprises concernées, car ce texte est opposable », a expliqué à l’AFP le secrétaire général de Danone Mathias Vicherat. 

« Quand il est écrit que les entreprises s’engagent en matière de travail décent sur toute la chaîne de production, y compris la chaîne d’approvisionnement, quand les entreprises disent qu’elles combattent le travail forcé et qu’elles veulent respecter la liberté d’association, ce sont des termes très forts parce que ça veut dire qu’elles prennent ces engagements dans tous les pays du monde où elles opèrent », assure-t-il. 

Il est aussi question de combattre le travail des enfants, ne plus avoir de distinction de salaire d’après le genre, race ou orientation secuelle mais aussi « d’offrir de bons jobs avec des salaires décents ». Ce dernier point est, on vous l’accorde, encore assez vague. Et ce, même du côté des signataires de ces engagements. 

Une rencontre entre entreprises qui pourrait tendre un peu plus les rapports avec les Etats-Unis

Par ailleurs, ces multinationales qui consacrent plus d’« un milliard de dollars dans des projets au bénéfice de plus de 100 millions de personnes » comptent échanger sur ces initiatives pour les optimiser, les accélérer ou les dupliquer dans d’autres pays, selon le communiqué. 

Les membres actuels de cette coalition sont: Accenture, Agropur, AXA, BASF, BNP Paribas, BPCE, CareCentrix, Cogeco, Crédit Agricole, Danone, Edelman, Engie, GINgroup, Goldman Sachs, Henkel, Ingka Group, JPMorgan, Keurig Dr Pepper, Johnson&Johnson, Kering, Legal&General, L’Oréal, Mars, Renault, Ricoh, Schneider Electric, Sodexo, Suez, TIAA, Unilever, Veolia, Virgin et Ylva. 

A noter que le groupe mené par Emmanuel Faber ne comporte pas d’entreprise italienne, bien qu Gucci, Armani ou encore Prada soient représentés dans celui mené par François-Henri Pinault. A l’inverse, et c’est plus surprenant à notre époque : aucune multinationale du digital et du numérique n’est présente dans aucune des deux coalitions. 

Un point qui ne devrait pas forcément arranger la France au niveau politique. Rappelons que ces entreprises sont accusées par le gouvernement de ne pas s’acquitter des taxes et autres redevances françaises. Les géants du numériques du GAFA sont particulièrement visés. Cette critique a notamment eu le don de tendre les rapports entre la France et les Etats-Unis. 

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