PLFSS 2018 : la CNAV valide le projet

Ce texte provient du site du syndicat de salariés FO.

 

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 a été examiné par le Conseil d’administration de la CNAV, le 4 octobre 2017. Sur 28 votants, il a émis un avis favorable par 13 voix sur ce projet de texte. 

Le détail du vote : 

13 voix pour (Medef, CPME, U2P). 11 voix contre (CGT-FO, CGT, CFDT, CFE-CGC). 3 prises d’acte (CFTC, 1 personne qualifiée). 1 abstention (1 personne qualifiée). 

A la suite de l’examen du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, et notamment son article 11 relatif à la réforme du Régime Social des Indépendants (RSI), le Conseil d’administration de la CNAV a adopté, à l’unanimité, la résolution suivante : 

Afin d’assurer une mise en oeuvre efficace et réaliste de la réforme du RSI, le Conseil d’administration souhaite que les textes d’application de la réforme donnent lieu à concertation avec ses instances. Si la direction de la CNAV est d’ores et déjà associée aux travaux techniques, des échanges de nature politique, sur les différentes hypothèses de mise en oeuvre, faciliteraient la réussite de la réforme. Particulièrement sensible à la qualité de service, le Conseil d’administration de la CNAV émet en outre une alerte sur le calendrier proposé, qui fixe seulement deux années de transition avant une entrée en vigueur de la réforme du RSI au 1er janvier 2020. La période de transition doit impérativement permettre de garantir l’effectivité de la réforme souhaitée par le Gouvernement sans risquer de dégrader l’offre de service offerte aux travailleurs indépendants ni celle des travailleurs salariés. Pour finir, le Conseil d’administration de la CNAV souhaite, dès maintenant, alerter sur l’impératif de porter d’abord, à travers cette réforme, une ambition d’améliorer la qualité de service. Cette réforme de la Sécurité sociale des travailleurs indépendants doit donc pouvoir mobiliser les moyens nécessaires, sans réduire a priori les ressources, notamment humaines, allouées à la gestion du RSI. 

 

Le texte de la déclaration de la délégation Force Ouvrière :

Force Ouvrière enregistre le rétablissement des comptes de la Sécurité sociale dans son ensemble ainsi que du régime général, avec notamment un excédent prévisionnel de 1,2 milliard d’euros dès 2018, et croissant pour les années suivantes jusqu’à environ 10 milliards d’euros en 2021. Toutefois, le retour à l’équilibre de certaines branches se fait au jeu de bonneteau cher au financement de la Sécurité sociale. Cependant, le danger politique que nous pointions se confirme : ce PLFSS tend à supprimer la notion même de cotisation des salariés, principe fondamental d’ouverture des droits aux assurances sociales. Il organise une redistribution de la charge du financement de la Sécurité sociale sans précédent, notamment en raison du remplacement des cotisations Maladie et Chômage des salariés par une hausse de CSG, de la transformation du CICE en allègement de cotisations patronales Maladie, Chômage et aux régimes de retraite complémentaire, ainsi que d’autres mesures d’exonération de cotisation patronales ou des travailleurs indépendants. Par ailleurs, si l’article 7 tend à opérer une augmentation des revenus des salariés proches du Smic, il n’appartient pas à la Sécurité sociale d’augmenter les salaires des travailleurs mais aux employeurs quand, dans le même temps, l’impôt sur la fortune est abrogé. L’augmentation de 1,7 point de la CSG s’appliquera à l’ensemble des revenus d’activité, de remplacement et du capital, dès le 1er janvier 2018. Selon l’exposé des motifs de l’article 7 du PLFSS, cette mesure phare, censée redistribuer plus de 7 milliards d’euros, permettra de « soutenir le pouvoir d’achat des actifs grâce à la solidarité inter-générationnelle ». Cette CSG s’appliquera à 60 % des retraités. Pour Force Ouvrière, le gouvernement réinvente la solidarité inter-générationnelle et transforme le salaire différé en salaire remboursé. De plus, le gouvernement reporte la revalorisation des pensions d’octobre 2018 à janvier 2019, ce qui en trois fois aura décalé la revalorisation des pensions d’une année complète après l’absence de revalorisation des pensions et des retraites de base et complémentaire depuis 2013, si ce n’est l’aumône de 0,1% accordée en octobre 2015 et de 0,8 % cette année pour les retraites de base. Force Ouvrière refuse que les retraités soient vus encore une fois à travers un « prisme épicier ». Derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui ne sont pas des charges et pratiquent la solidarité inter-générationnelle, ascendante et descendante, dans leurs vies de filles et fils, de parents et grands-parents. Les retraités bénéficient de droits qu’ils se sont constitués tout au long de leur vie active pour obtenir, une fois à la retraite, une sécurité financière, une Sécurité sociale. Par ailleurs, l’article 11 consacre la fusion/absorption du régime social des indépendants au mépris des instances de nos différents Conseil et Conseils d’administration, jamais consultés dans l’élaboration de ce processus. A l’instant où s’installe le Haut Commissaire à la réforme des retraites et où l’on nous promet une riche et longue concertation, tout semble plié et la CNAV, « ex des Travailleurs Salariés », devient universelle. Au-delà du régime de base des travailleurs indépendants, la CNAV aura la gestion de droits CIPAV en points et, pire, celle du régime complémentaire des indépendants. Force Ouvrière s’y oppose. Le calendrier imposé n’obéit à aucune logique rationnelle de plan de charge mais au calendrier jupitérien, au mépris des personnels du RSI et du régime général et au risque fort de renouveler la « catastrophe industrielle ». Cette intégration à marche forcée doit s’accompagner des moyens suffisants pour limiter les risques et garantir la qualité de service, tant aux ressortissants du RSI que du régime général. Enfin, si FO constate la prochaine nomination d’une personne qualifiée représentant les travailleurs indépendants au Conseil d’administration de la CNAV, elle exige la réciprocité et un siège au Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants. Sur l’organisation des modalités de transfert des contrats de travail du personnel, Force Ouvrière propose de créer un espace de dialogue social auprès de l’UCANSS réunissant les organisations syndicales représentatives des deux régimes et ce, pour assurer la meilleure intégration en profitant de l’expérience des deux structures, cédante et accueillante. Cela permettra l’élaboration d’un accord cadre unique pour l’ensemble du personnel toutes catégories confondues pour garantir le meilleur transfert sans oppositions catégorielles. En l’état, le PLFSS touche les fondamentaux et les structures du système de la Sécurité sociale, lesquels demeurent un modèle pour Force Ouvrière, et nous sommes résolument opposés à ces transformations. Nous nous sommes ici limités à l’équilibre général du PLFSS et à la branche retraite ; il va sans dire que dans les instances des autres Caisses nationales, les représentants Force Ouvrière commenteront les mesures spécifiques à leur branche et, comme nous ici à la CNAV, émettront un avis négatif sur ce PLFSS 2018. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

You May Also Like

Arrêté d’extension d’un avenant sur le personnel d’encadrement des entreprises de polyculture de l’Eure

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 28 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 30 novembre 1984 du personnel d'encadrement des entreprises de polyculture et d'élevage, des exploitations maraichères et de cultures légumières de plein champ et des coopératives d'utilisation...

Les entreprises artistiques et culturelles modifient leur accord sur les salaires

Un avenant relatif aux salaires a été conclu dans la CCN de la convention collective nationale pour les entreprises artistiques et culturelles du 1er janvier 1984 (IDCC 1285). Daté du 16 juillet 2026, le texte a pour objet de modifier l'article 1.2 de l'accord sur les salaires 2026, car la grille des minimas conventionnels des emplois autres qu'artistiques figurant dans cet...

La CCN de l’industries des tuiles et briques met à jour les salaires

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’industrie des tuiles et briques du 17 février 1982 (IDCC 1170). Il s’agit de l’avenant n°19 du 30 avril 2026 qui a été signé par la Fédération Française des Tuiles et Briques (FFTB), UP'CHAUX, FIB et UNICEM ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Nationale des...

La CCN de la médecine du travail revient sur la formation professionnelle

Un accord relatif à la formation professionnelle a été conclu dans la CCN du personnel des services interentreprises de médecine du travail (IDCC 897). Il a été signé le 25 juin 2026 par l’organisation patronale PRESANSE ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Française de la Santé, de la Médecine et de l’Action Sociale CFE-CGC, Fédération Santé...

Le commerce de détail de l’habillement publie les salaires applicables à Mayotte

Un accord de branche sur les salaires applicables à Mayotte a été conclu dans la CCN du commerce de détail de l’habillement et des articles textiles (IDCC 1483). Il a été signé le 12 juin 2026 par les organisations d’employeurs Fédération Nationale de l’Habillement et CNDL ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération CFTC commerce, services et forces de...

Un accord sur le RRP fermé dans la CCN es sociétés d’assurances

Un avenant paru au BOCC révise le régime de retraite professionnel (fermé) dans la convention collective nationale des sociétés d’assurance (IDCC 1672). L’avenant du 17 juillet 2026 a été signé entre la FFA et les syndicats de salariés CFDT Banques et Assurances, CFE-CGC Assurance, CFTC CSFV, CGT des Syndicats du Personnel de la Banque et de l’Assurance et...