Les PME durement impactées par la conjoncture

Ce communiqué a été diffusé par l’organisation d’employeurs CPME.

La CPME publie les résultats de l’enquête qu’elle a mené auprès de 2300 dirigeants de TPE-PME*, pour ausculter la santé économique et la situation de l’emploi dans les entreprises. Les chiffres sont sans appel.

Sur le front de l’inflation, sans surprise, 93% des chefs d’entreprise sont impactés par la hausse des prix de leurs fournisseurs. L’enquête révèle que 77 % d’entre eux ont le sentiment que leurs fournisseurs profitent de la situation pour augmenter leurs prix sans justification.

Un problème d’autant plus aigu qu’un tiers des entreprises impactées voient l’inflation augmenter leur prix de revient de plus de 10 %. Or, 30 % des chefs d’entreprise ne reportent pas cette hausse sur leurs prix de vente, principalement par crainte de la réaction de leurs clients.

Si au 1er semestre 2022, l’avis des dirigeants de TPE-PME est plutôt favorable quant à l’évolution de la situation globale de leur entreprise. (37 % d’entre eux constatent une amélioration par rapport au semestre précédent, quand 22 % observent au contraire une dégradation), les prévisions pour le 2nd  semestre sont plus pessimistes, puisqu’ils ne sont plus que 27 % à anticiper une amélioration de la situation de leur entreprise par rapport au semestre précédent. En cause, un recul du chiffre d’affaires pour 31 % des entreprises et une baisse du taux de marge pour 44 % d’entre elles. De fait, la moitié des chefs d’entreprise interrogés disent ne pas avoir investi au 1er semestre et ne pas souhaiter le faire au 2nd semestre.

Dans le même temps, les dirigeants font face à une situation inédite sur le front de l’emploi. Plus de la moitié des dirigeants interrogés (51 %) cherchent à recruter. 94 % d’entre eux rencontrent des difficultés. La première raison évoquée est l’absence de candidats (74 %), devant le manque de compétences (47 %).

Et ce, alors même qu’un dirigeant sur quatre (24 %) est confronté à un turn-over important, dont la première cause est le souhait des salariés de « se consacrer à autre chose qu’à leur vie professionnelle » (53 %). Une donnée nouvelle, à la fois surprenante et inquiétante, révélée par l’enquête.

Face à cette situation qu’ils ont du mal à accepter, 84 % des chefs d’entreprise estiment qu’il est nécessaire de réformer le système actuel d’indemnisation des chômeurs, via l’assurance-chômage.

L’enquête dévoile aussi que la majorité des dirigeants de PME (65% des répondants) a augmenté les salaires de ses équipes en 2022. Et 58% d’entre eux, qu’ils l’aient déjà fait ou pas, prévoient de le faire d’ici la fin 2022.

Ils ont également largement recours aux instruments de partage de la valeur. Ainsi, le versement de primes est plébiscité dans les petites entreprises. Deux dirigeants de TPE-PME sur trois (68 %) ont versé récemment des primes à leurs salariés (49 % des primes individuelles et 41 % des primes PEPA). En revanche, une écrasante majorité de chefs d’entreprise (71 %) n’est pas favorable à la mise en place d’un dividende salarié qui prévoirait un mécanisme obligatoire de partage de la valeur, y compris dans les plus petites entreprises. Une alerte à entendre.

Télécharger l’enquête CPME « La santé économique et l’emploi dans les TPE-PME » 

*Enquête menée entre le 16 juin et le 12 juillet 2022, par l’envoi d’un questionnaire en ligne.

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