Les comptes 2017 de la Sécurité Sociale certifiés… mais avec des réserves !

La Cour des Comptes a publié hier son désormais traditionnel rapport annuel sur la certification des comptes de la Sécurité Sociale. Si les comptes 2017 des quatre branches de la Sécurité Sociale et de l’ACOSS sont certifiés, il n’en demeure pas moins que la rue Cambon souligne une « dégradation marquée des indicateurs de risque financier résiduel », soit, en langage choisi, une probable hausse des prestations indues. 

Des comptes certifiés

L’essentiel est donc assuré : les comptes 2017 des différentes institutions composant la Sécurité Sécurité sont certifiés par la Cour des Comptes. Aucune branche de la Sécurité Sociale ne fera, cette année, la désagréable expérience d’être à l’honneur dans de multiples articles de presse à propos de ses largesses gestionnaires. 

La Cour des Comptes salue d’ailleurs les « progrès importants » réalisés par la Sécurité Sociale en matière de gestion financière. Ainsi, alors qu’elle avait émis 31 « réserves » l’an passé, elle en a émis trois de moins cette année. Ceci signifie, certes, que la Cour a encore jugé nécessaire d’émettre 28 réserves au sujet des comptes 2017 de la Sécurité Sociale. 

Des singularités notables

Il faut dire que les comptes de la Sécurité Sociale témoignent d’une gestion parfois moins serrée qu’elle ne devrait théoriquement l’être. Par exemple, pour la branche maladie, la rue Cambon estime que les dépenses non fondées représentent près de 1,9 milliards d’euros – 90 % de cette somme étant constituée d’indûs, notamment versés à des pharmaciens, des infirmiers, des ambulances et des taxis. Dans le cas de la branche des accidents du travail et maladies professionnelles, le « risque financier résiduel » atteint 418 millions d’euros, dont environ 275 millions de prestations indues. Encore faut-il préciser que ce chiffre est qualifié d’estimation « minimale » par la Cour. A la CNAV, ce sont « environ 700 millions d’euros » que coûteront « à terme » – soit : sur les 20 à 25 prochaines années – les « erreurs lors du calcul » des pensions liquidées en 2017.  

Ces trois branches font figure de petites joueuses en comparaison de la CNAF. Si le « risque financier résiduel » y est jugé stable, il s’y maintient toutefois à un niveau pas tout à fait négligeable : à peu près 4,3 milliards d’euros. Le RSA contribue à cette coquette somme « résiduelle » pour 1,5 milliard d’euros, les allocations logements pour 1,2 milliard et la prime d’activité pour 0,9 milliard.  

Des contrôles assez larges

Dans le cas des branches maladie, AT-MP et famille, la Cour des Comptes souligne qu’un contrôle plus serré des prestations versées permettrait probablement de réduire de manière sensible le « risque financier résiduel ». Il est vrai que si les montants de prestations indues évoqués demeurent à relativiser au vu de l’activité des caisses de Sécurité Sociale, il n’en demeure pas moins qu’il pourrait s’avérer bénéfique de mieux surveiller l’usage fait des fonds collectés par la Sécurité Sociale… 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #2 : le point sur la santé des HCR et la prévoyance des Services à la personne

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

You May Also Like

Arrêté d’extension d’un avenant dans les entreprises horticulture pépinières du département du Calvados

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 17 janvier 1991 concernant les exploitations et entreprises agricoles de l'horticulture, des pépinières, de l'arboriculture, de la production de fruits et de champignons du Calvados ...

Arrêté d’extension d’un avenant sur le personnel d’encadrement des entreprises de polyculture de l’Eure

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 28 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 30 novembre 1984 du personnel d'encadrement des entreprises de polyculture et d'élevage, des exploitations maraichères et de cultures légumières de plein champ et des coopératives d'utilisation...

Les entreprises artistiques et culturelles modifient leur accord sur les salaires

Un avenant relatif aux salaires a été conclu dans la CCN de la convention collective nationale pour les entreprises artistiques et culturelles du 1er janvier 1984 (IDCC 1285). Daté du 16 juillet 2026, le texte a pour objet de modifier l'article 1.2 de l'accord sur les salaires 2026, car la grille des minimas conventionnels des emplois autres qu'artistiques figurant dans cet...

La CCN de l’industries des tuiles et briques met à jour les salaires

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’industrie des tuiles et briques du 17 février 1982 (IDCC 1170). Il s’agit de l’avenant n°19 du 30 avril 2026 qui a été signé par la Fédération Française des Tuiles et Briques (FFTB), UP'CHAUX, FIB et UNICEM ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Nationale des...

La CCN de la médecine du travail revient sur la formation professionnelle

Un accord relatif à la formation professionnelle a été conclu dans la CCN du personnel des services interentreprises de médecine du travail (IDCC 897). Il a été signé le 25 juin 2026 par l’organisation patronale PRESANSE ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Française de la Santé, de la Médecine et de l’Action Sociale CFE-CGC, Fédération Santé...