Le régime de garantie des salaires (AGS) victime de malversations ?

L’AGS est une association gérée par le patronat français et qui finance les indemnités de licenciement et les arriérés de salaire des entreprises qui y adhèrent et qui se trouvent en procédure de redressement ou liquidation judiciaire.

 

Le MEDEF et la CPME ont annoncé hier avoir déposé plainte contre X suite à des soupçons de malversations qui auraient eu lieu au sein de cet organisme. 

L’audit instructif de l’AGS

En septembre dernier, à l’occasion du renouvellement des instances dirigeantes de l’AGS, un audit de l’organisme a été mené. Les mauvais esprits en concluront que la gestion de Thierry Météyé, son ancien directeur – depuis remplacé par Houria Aouimeur – devait faire l’objet d’un certain nombre d’interrogations. 

Quoi qu’il en soit de ces conjectures, il se trouve que ledit audit s’est bel et bien avéré instructif. D’après l’agence Reuters, il aurait révélé « de graves anomalies constituant un faisceau d’indices de faits, notamment de délits d’abus de confiance et de corruption active ou passive ». Le Figaro précise que ces « graves anomalies » seraient notamment liées à du « favoritisme organisé auprès de certains prestataires avec, notamment, des contrats signés pour des montants significatifs dont on n’a pas retrouvé de contreparties ». Des « sacs à mains de luxe » et « voyages lointains » auraient ainsi pu encourager certains contrats… 

« Plusieurs millions d’euros »

Au total, toujours cité par le Figaro, un représentant du MEDEF chiffre les éventuelles indélicatesses à « plusieurs millions d’euros ». L’estimation est, certes, vague. Que les entreprises qui cotisent à l’AGS se rassurent pourtant : au départ, les responsables du patronat français avaient craint « des montants bien plus importants ». Le pire a donc été évité ! 

On relèvera que les pratiques supposées singulières qui semblent avoir eu lieu durant l’ancienne gouvernance de l’AGS étaient particulièrement bien au point puisque même la Cour des Comptes n’y a vu que du feu lorsqu’elle s’est penchée sur le cas de l’organisme. Gageons que ceux qui feront office de prévenus dans cette affaire trouveront à se reconvertir aisément dans le conseil – avisé – en affaires et comptabilité… 

Un bien mauvais moment

Pour le patronat français, cette affaire ne survient évidemment pas au meilleur moment. L’AGS étant liée à l’UNEDIC – cette dernière s’occupe de la gestion effective des prestations versées – le gouvernement, qui ne fait pas mystère de ses intentions de reprendre durablement en main l’assurance chômage, pourrait se montrer intéressé par le cas de cette assurance gérée par le patronat. 

Cette hypothèse est d’autant moins farfelue que l’AGS est une institution qui a une envergure certaine mais dont l’équilibre comptable peut s’avérer fragile. L’an passé, elle a ainsi été financée par des cotisations patronales qui ont atteint 813,7 millions d’euros mais, dans le même temps, elle a indemnisé plus de 188 000 salariés, pour près de 1,5 milliard d’euros. 

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