La pression au travail continue d’augmenter en même temps que l’autonomie diminue

D’après la dernière analyse de la Dares publiée en décembre dernier, les contraintes de rythme de travail et les contraintes physiques auraient tendance à se stabiliser bien qu’elles soient à des niveaux élevés. De même, l’institut observe que la pression temporelle tend à augmenter en même temps que l’autonomie au travail diminue, quand bien même tous ces facteurs sont mieux compris et pris en compte.  

Améliorer ses conditions de travail en diminuant les risques extérieurs tout en perdant de la liberté et de l’autonomie, voilà le constat que semble faire la Dares dans sa dernière étude. 

Ainsi, elle établit qu’avec un accroissement des normes qu’elles soient de sécurité mais aussi de production, et la montée des standards, l’autonomie et les marges de manoeuvre des salariés pour atteindre les objectifs tendent à se réduire comme peau de chagrin depuis 1998.  

« Les salariés sont de moins en moins nombreux à choisir eux mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés et à ne pas avoir de délais ou à pouvoir faire varier les délais fixés. » A l’heure où la question de la robotisation et de l’automatisation des process se pose, la Dares met en évidence que 43% des salariés déclarent répéter continuellement une même série de gestes ou d’opérations. Une statistique en hausse depuis 2005 où elle n’était que de 27%.  

Des contraintes horaires qui diminuent, une pression qui augmente

On pourrait presque dire que c’est le revers de la médaille. La Dares met en lumière le fait que l’ensemble des salariés est plus nombreux à pouvoir bénéficier de 48h de repos hebdomadaire (81,3% en 1998, 84,8% en 2016), tout en connaissant à l’avance les horaires du mois à venir (77,1% en 1998, 81,6% en 2016) et en pouvant s’arranger avec les collègues (58.1% en 1998, 70,5% en 2016). En contrepartie, 46,2% des salariés déclarent être soumis à des contrôles horaires. Des chiffres globalement stables par rapport à 1998 où ils étaient de 47,6%.  

Pour autant, on voit aussi que la pression temporelle s’est développée chez les salariés. Alors qu’ils étaient 5,8% en 1998 à déclarer au moins trois contraintes de rythme, ils sont maintenant 35,2% ! Pour près d’un tiers des salariés interrogés, leur rythme de travail est imposé par un contrôle ou un suivi informatisé.  

Ils sont 43% à déclarer ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux (contre 15,5% en 1984) et 65,4% à fréquemment abandonner une tâche pour une autre plus urgente.  

Mais les contraintes sont mieux comprises et les salariés mieux soutenus

Néanmoins, il convient d’après la Dares de nuancer ces premiers chiffres. Car même si le nombre d’ordres contradictoires tend à se multiplier (44,7% en 2016 contre 43,9% en 1998), les entretiens d’évaluation avec des critères précis et mesurables subissent la même hausse (37,6% en 2005 et 46% en 2016).  

De la même façon, 66,3% des salariés déclarent pouvoir être aidés par un supérieur hiérarchique en cas de complication dans une tâche à réaliser, une statistique qui grimpe à 80,1% lorsque c’est avec un collègue.  

Enfin, on constate aussi une diminution des comportements hostiles vis à vis des salariés. Néanmoins, ces derniers se concentrent toujours en particuliers sur les femmes et sur les contrats plus précaires.  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #4 : zoom sur les dernières grandes actus CCN santé/prévoyance

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

You May Also Like

Le groupe Crédit Mutuel investit dans le secteur de l’optimisation énergétique

L'Autorité de la concurrence signale le projet d'acquisition de plusieurs sociétés du secteur de l'optimisation énergétique par le Groupe Crédit Mutuel. Si l'opération est conclusive, c'est la filiale du Groupe Crédit Mutuel appelée DEVEST 22 qui prendra le contrôle exclusif des sociétés Akéa Energies, de sa filiale ATFE, et du Groupe Hellio. Akéa et sa filiale sont spécialisées dans l'accompagnement à la performance et la maîtrise énergétique. Quant au Groupe...

Avis d’extension d’accords et d’un avenant de prévoyance dans les industries de la maroquinerie

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 19 mars 2026, les dispositions de 3 accords du 18 février 2026 relatifs aux salaires minima (cordonnerie multiservice, maroquinerie et industries des cuirs et peaux) et de l'avenant n° 2 du 18 février 2026 à l'accord du 12 décembre 2018 relatif à la prévoyance, conclus dans le cadre de la convention collective...

Avis d’extension d’accords conclus dans la CCN de la fabrication pharmaceutique

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 19 mars 2026, les dispositions de l’accord collectif du 28 janvier 2026 relatif aux rémunérations minimales conventionnelles et de l'accord du 28 janvier 2026 relatif au recours à la visioconférence lors des réunions de la CPPNI, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la fabrication et le...