La déficience auditive non traitée coûte près de 30 milliards d’euros par an en France

Une étude d’envergure récemment publiée affirme que la non prise en charge de la déficience auditive induirait des coûts qui se compteraient en dizaines de millions d’euros. Des chiffres qui s’expliqueraient par les baisses de la qualité de vie des personnes touchées mais aussi par leurs plus grands risques à être au chômage.

 

La conclusion du rapport « Hearing Loss – Number and costs », déficience auditive – Chiffres et coûts en version française, est sans appel. Menée par l’association Hear-it AISBL sous l’égide du professeur Bridget Shiel, professeur émérite à l’université Brunel de Londres, l’étude portait sur les pertes financières entraînées par la baisse de la qualité de vue en raison d’une déficience auditive invalidante et la perte de productivité due au chômage élevé des personnes malentendantes. 

Trop cher, pas assez malentendant ou pas assez efficace

Pour le premier volet, les pertes annuelles seraient de 19,6 milliards d’euros par an quand la perte de productivité des personnes malentendantes entraînerait la perte de 7,6 milliards d’euros annuels. Soit 27,2 milliards d’euros annuels, environ 9 400 euros par an par personne vivant avec une déficience auditive invalidante non traitée. 

D’après le rapport, 4,4 millions de personnes en France seraient concernées par des pertes d’audition. Parmi elles, 2,9 millions ne suivraient pas de traitement alors même que l’utilisation d’appareils auditifs et autres solutions sont censées améliorer la qualité de vie. Le prix élevé des diverses solutions ne serait que la seconde raison évoquée. 

A l’inverse, 55% des personnes non-équipées estimeraient que la solution proposée est de piètre qualité et ne réglerait pas leur problème. Enfin, la troisième raison serait simplement que la déficience auditive constatée n’est pas assez sévère pour nécessiter une solution. Pour rappel, une déficience auditive invalidante est définie par la charge mondial de morbidité comme une déficience auditive supérieure à 35 dB. 

Il existe aussi un certain déni des personnes concernées par les troubles de l’audition. Ces dernières estimant entendre encore suffisamment dans la plupart des situations auraient tendance à repousser les examens et les prises en charge. Enfin, ce déni s’explique aussi par de nombreux aspects psychologiques comme l’entrée en dépression après le diagnostic ou encore un repli sur soi dans les relations sociales. 

Dans l’Union Européenne, environ 22,6 millions de personnes vivraient avec une déficience auditive invalidante non traitée. Le coût serait de 185 milliards d’euros chaque année soit près de 25 milliards de plus que le budget de l’UE pour l’année 2018. Au total, l’UE compterait près de 34,4 millions de personnes malentendantes (avec une déficience supérieure à 35 db). 

Des chiffres que sont promis à augmenter du fait de l’augmentation de la durée de vie en Europe. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

You May Also Like

Pierre Ricordeau assure la présidence par intérim du HCFIPS

Le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS) est orphelin de son président depuis la mort de Dominique Libault au début du mois d'août 2026. Un arrêté ministériel vient de nommer Pierre Ricordeau à la vice-présidence du HCFIPS avec pour mission d'assurer la présidence par...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord collectif départemental des exploitations et entreprises agricoles du Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 32 du 7 mai 2025 relatif à la la revalorisation des salaires minimaux et la mise à jour des grilles de rémunérations territoriales applicables aux salariés des exploitations et entreprises agricoles du département du Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant complémentaire frais de santé et prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 5 du 3 juillet 2026 à l'accord départemental instituant une assurance complémentaire frais de santé et un régime de prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant dans la production agricole et CUMA de Nouvelle-Aquitaine

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 1 du 23 juin 2026 à un accord collectif concernant l'instauration d'une cotisation patronale destinée à financer un fonds mutualiste dans le cadre de l'inaptitude professionnelle du salarié dans les branches production agricole-coopératives d'utilisation de...

Avis d’extension d’un accord interdépartemental sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’accord interdépartemental Allier, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Puy-de-Dôme du 10 juin 2026 sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture IDCC...