La culture dans les Comités d’entreprise est-elle en train de disparaître ?

Cette publication provient du site du syndicat de salariés FO.

Historiquement, le développement d’activités culturelles a permis à de nombreux travailleurs de découvrir des lieux de culture dits « élitistes » qu’ils n’avaient pas l’habitude de fréquenter jusqu’alors. Avec la montée du consumérisme, la dimension culturelle des activités sociales et culturelles semble s’essouffler au profit de la montée en puissance des chèques cadeaux. Qu’en est-il vraiment en pratique ? Pour en savoir plus, nous avons mené une enquête auprès d’élus FO de comités d’entreprise [1]. 

Les actions en faveur de l’accès à la culture

Premier constat, parmi les élus au comité d’entreprise ayant répondu à notre questionnaire, un seul d’entre eux estime que le comité d’entreprise ne favorise pas du tout l’accès à la culture des salariés [2]. Cela dit, par quelles actions les comités d’entreprise favorisent-ils l’accès à la culture des salariés ? Sur ce point, la subvention en matière de billetterie (cinéma, chèque culture, musées, opéra…) revient fréquemment dans les réponses avec un panel plus ou moins large des lieux et d’activités suivant les entreprises. Certains comités d’entreprise délivrent également une participation financière aux salariés sur un abonnement annuel culturel. Les visites en groupe de musées, les week-ends et autres sorties sont également cités dans les réponses (principalement dans les plus grandes entreprises). 

On notera que, dans leurs réponses, les élus font peu référence aux bibliothèques ou médiathèques, qui ont permis à de nombreux salariés d’accéder à la culture, mais qui sont aujourd’hui en voie de disparition. Il n’a pas été question non plus, dans le panel de réponses, de pratiques culturelles à l’intérieur de l’entreprise (club théâtre, cours de cuisine…). 

Les freins au développement des initiatives culturelles

Le manque de moyens des CE est souvent évoqué dans les réponses. Certes, les ressources financières sont souvent limitées, même si les moyens ne sont pas nécessairement revus à la baisse. Il faut également du temps pour développer ces actions en faveur de la culture, ce qui fait défaut à l’heure où les élus du personnel sont de moins en moins nombreux et ont de moins en moins de temps (baisse du nombre d’heures de délégation…). 

L’un des élus interrogés a d’ailleurs fait remarquer que la conséquence du manque d’effectif se traduit par la réduction de l’offre en matière culturelle et sur les publics y ayant accès (ex : exclusion des retraités). 

Un autre point relevé dans plus de la moitié des questionnaires est l’insuffisante participation des salariés aux manifestations culturelles. Parmi les causes de cette insuffisante participation, un élu fait référence aux horaires décalés des salariés de l’entreprise et à l’absence de prévisibilité de leur emploi du temps, ce qui ne leur permet pas d’avoir une visibilité sur leur temps de repos et rend difficile l’organisation de la vie « hors travail ». 

Si la participation des salariés à ces manifestations n’est pas toujours importante, la majorité des élus interrogés relève que les salariés ne font pas souvent part de leurs attentes en matière culturelle ou que celles-ci ne sont pas réalisables au vu des moyens dont disposent les élus. Sur ce dernier point, un élu note que les salariés ont des attentes, notamment en faveur de l’organisation de concerts, mais cela n’est pas gérable par les élus, faute de moyens suffisants. 

Quelles perspectives pour les activités culturelles ? Quelles perspectives pour les activités culturelles ?

À cette question ouverte, force est d’observer que de nombreux élus interrogés n’apportent pas de réponse. Est-ce le fruit d’un manque de visibilité à l’heure du recul des moyens ? 

Parmi les élus qui ont répondu à cette question, on notera, outre le souhait de certains de développer de nouvelles activités ou voyages, la volonté de la trésorière d’un comité d’entreprise de 780 salariés de développer le principe d’échanges de livres via le modèle d’une « boîte à livres ». Cette action ambitieuse s’inscrira, selon l’élue, dans une démarche plus globale d’échanges et de partage de connaissances entre salariés. 

Notes

[1] Questionnaire élaboré par le Secteur Juridique de la Confédération envoyé à 100 élus ayant participé à la Journée des CE en 2016. Nous remercions les participants d’avoir bien voulu prendre du temps pour répondre à ce questionnaire. 

[2] Les élus au CE ayant répondu à l’enquête travaillent dans des entreprises allant de 45 à 6600 salariés. 

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