Industrie métallurgique : 100 000 postes par an jusqu’en 2025

D’après le Conseil National de l’Industrie, les embauches en France devraient « avoisiner les 100 000 par an jusqu’en 2020, 2025″. Avec des départs en retraite qui se multiplient, et une volonté de modernisation, les entreprises recherchent de jeunes profils avec de hauts-niveaux d’études. L’apprentissage semble être la voie rêvée pour les former, trop beau pour être vrai ? 

A l’heure où la désindustrialisation en France est devenue un marronnier, force est de constater que le domaine est en pleine expansion avec l’arrivée de nouvelles problématiques, comme l’écologie ou la robotisation. Les domaines de l’aéronautique, du ferroviaire, du transport naval ou encore de l’énergie sont ceux qui se développent le plus avec une tendance à dépendre de l’apprentissage. 

L’apprentissage, fausse bonne idée ?

Ce nombre sorti par Hubert Mongon, délégué général de l’UIMM (voir ci-contre), n’est pas anodin. Il date de 2016. Un an plus tôt, la demande était déjà forte mais ne trouvait pas preneur. « Nos secteurs recherchent, ainsi, 3 800 spécialistes de l’usinage (usineurs, tourneurs, fraiseurs, décolleteurs, aléseurs), commentait Françoise Diard , responsable de l’Observatoire prospectif, paritaire et analytique des métiers et qualifications de la métallurgie. Mais aussi 6 800 techniciens en mécanique et maintenance. Ou encore des soudeurs (3 000 recrutements prévus d’ici juin 2016), des ingénieurs en électronique et électronique embarquée (1 900 recrutements prévus d’ici juin 2016) ou des acheteurs et autres chargés d’affaires technico-commerciales (4 500 recrutements), des conducteurs de lignes (7500 recrutements) et des contrôleurs en qualité de contrôle non déstructif (400 embauches prévues) ». 

Les entreprises voient donc dans ces départs en retraite (le papy-boom), un moyen de moderniser l’industrie en France. Et logiquement, l’accent est encore mis sur l’apprentissage. Pourtant, la Direction de l’Animation et de la Recherche des Etudes et des Statistiques dresse un bilan peu glorieux de l’apprentissage. Elle montre en 2016, que la barre symbolique des 500 000 apprentis en France, toutes branches confondues, n’a jamais été atteinte. Pire, le taux d’apprentis est en baisse depuis 2012 (malgré un léger regain en 2016). Les raisons sont nombreuses : le coût réel de l’apprenti est en augmentation (14 200€ en moyenne en 2004 ; 18 700€ en 2012), les démarches administratives pour les entreprises sont de plus en plus complexes, et seulement les très petites entreprises seraient enclines à ce système de formation.  

En 2016, ce sont plus de 28% des apprentis qui rompaient leur contrat. Et la majeure partie ne retentait jamais l’expérience. Les gouvernements Sarkozy puis Hollande n’ont pas su résoudre le problème. Emmanuel Macron devra donc relever un défi qu’aucun de ses prédécesseurs n’a surmonté pour « faire de l’apprentissage la voie privilégiée pour les métiers à qualification moyenne ». Le tout avec moins de moyens et un apprentissage toujours peu valorisé. 

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