Géolocalisation d’un salarié, jusqu’où aller ?

Sur le problème de la géolocalisation des salariés, la Cour de cassation a rendu un arrêt intéressant. Si la pratique n’est pas interdite, elle ne peut intervenir que dans un cadre très strict. 

Alors espionnage ou seul moyen de contrôler et réguler les heures effectuées par ses employés ? En tous cas, la géolocalisation divise toujours autant. Et s’il est nécessaire dans certains, la Cour de cassation a clairement délimité le périmètre dans lequel ce dispositif est utilisable. 

Le dernier cas recensé

L’arrêt en question date du 20 décembre 2017. Une société avait installé ces dispositifs dans les véhicules de société afin de mieux contrôler les temps de travail des salariés en dehors de l’entreprises. Une simple réunion d’information avait eu lieu en amont avant une déclaration à la CNIL. 

Un salarié avait ensuite attaqué son employeur au motif que le dispositif était illégal dans le sens où il était considéré comme un moyen d’espionnage. 

 

La géolocalisation est-elle légale ?

Et la réponse est un grand oui. Néanmoins, plusieurs règles sont à respecter et auraient pu faire condamner l’employeur pour négligences. En somme, la géolocalisation doit poursuivre un but légitime qu’est le contrôle des heures sous couvert qu’aucun autre moyen de le faire ne soit réalisable. 

Les données peuvent ainsi porter sur l’identité du salarié, ses déplacements, l’utilisation du véhicule ou encore sur la date et l’heure de désactivation du dispositif de géolocalisation. 

Quant aux finalités principales, il peut s’agir d’assurer la sécurité des employés (ou des marchandises qu’ils transportent), ou de justifier la facturation. Assurer le suivi du temps de travail est considéré par la CNIL comme une finalité accessoire, qui n’est possible que si ce suivi ne peut être réalisé par un autre moyen. 

La durée de conservation des données collectées est fixée en principe à deux mois. Des dérogations sont prévues : la durée est portée à cinq ans si la finalité est le suivi du temps de travail. 

Si les critères à respecter afin de mettre en place la géolocalisation ne sont pas respectés, des sanctions pourront être appliquées par la CNIL ou par les tribunaux : 

  • En matière pénale, omettre de déclarer ses intentions de mettre en place la géolocalisation est passible de 5 ans d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 €.
  • En matière civile, le défaut de déclaration frappe la géolocalisation d’inopposabilité aux salariés.

 

Deuxièmement, les salariés doivent être préalablement informés individuellement de la mise en place du dispositif, « à la mise en oeuvre du système de géolocalisation, de la finalité ou des finalités poursuivies, des catégories de données de localisation traitées, de la durée de conservation des données de géolocalisation, des destinataires des données, de l’existence d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition et de leurs modalités d’exercice.«  

Ensuite, dans le cas où les véhicules de fonction peuvent être utilisés à des fins personnelles, il doit exister une possibilité « de désactiver la fonction de géolocalisation des véhicules à l’issue de leur temps de travail. » Pour autant, en cas de désactivations trop longues ou intempestives, l’employeur est en mesure de demander des comptes au salarié.  

A l’heure du tout numérique et où les problématiques liées à la protection des données personnelles ne cessent de prendre de l’ampleur, on voit que les autorités nationales prennent très au sérieux le sujet en veillant sur les données personnelles potentiellement collectées par les employeurs.  

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

You May Also Like

Une nouvelle président de région est nommée par Allianz Commercial

Ce communiqué a été diffusé par Allianz Commercial. Paris – le 9 septembre 2026: Allianz Commercial a annoncé aujourd’hui que Nina Arquint deviendra la nouvelle Présidente pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique* (EMEA) d’Allianz Commercial et d’Allianz Global Corporate & Specialty SE (« AGCS »), à compter du 1er avril 2027, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires....
Lire plus

Axa diffuse ses indexations santé et prévoyance

L'information s'est diffusée comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux, les courtiers partenaires d'Axa ont reçu les indexations tarifaires prévues en santé et prévoyance collective en 2027. On découvre ainsi que les cotisations de santé collective augmenteront de 9% notamment pour tenir compte des transferts de...

Les agences générales d’assurances révisent le financement de la formation professionnelle

Un avenant n°4 paru au BOCC met à jour l’accord de branche relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie du 26 mai 2021 dans la convention collective nationale du personnel des agences générales d’assurances du 2 juin 2003 (IDCC 2335). Il a été signé le 13 mars 2026 par l’organisation d’employeurs Fédération nationale des syndicats d’agents...

Les salaires sont revalorisés dans la convention collective des taxis

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale des taxis salariés (IDCC 2219). Il s’agit de l’accord du 28 avril 2026 qui a été signé par les organisations d’employeurs Union Nationale des Taxis (UNT), Fédération Nationale des Artisans Taxis (FNAT), Fédération Nationale des Taxis (FNDT), Chambre Syndicale Nationale des...