FO s’oppose avec les salariés au démantèlement de Vivarte

Cet article provient du site du syndicat FO.

Les salariés de Vivarte se sont rassemblés devant le siège du groupe à Paris le 7 avril, à l’appel de l’intersyndicale FO-CGT-CFTC-CGC-SUD. Ils sont venus dire leur refus des fermetures de magasins et des suppressions d’emploi massives. Ils protestent aussi contre le manque de lisibilité des plans de restructuration en cours. 

Alors qu’une vaste restructuration est en cours au sein de Vivarte, les salariés du groupe d’habillement détenu par des fonds d’investissement américains sont venus manifester leur inquiétude et leur colère vendredi 7 avril, devant le siège social à Paris. Un rassemblement qui avait lieu à l’initiative de l’intersyndicale FO-CGT-CFTC-CGC-SUD. 

Deux PSE à l’œuvre

Les syndicats avaient aussi invité les salariés ne pouvant se déplacer à faire grève et à baisser le rideau des magasins, ou à se rassembler devant les magasins si ceux-ci restaient ouverts. 

1 500 emplois sur la sellette

Deux PSE, annoncés fin janvier, sont à l’œuvre avec des fusions de boutiques et des sièges de La Halle aux chaussures et La Halle aux vêtements, la fermeture de 141 magasins La Halle aux chaussures et la suppression de 132 emplois sur 250 dans une autre filiale, Vivarte Services. En tout, environ 1 500 emplois sont sur la sellette. 

La cession des magasins de chaussures André – environ 800 salariés dans 135 boutiques – est aussi au programme, ainsi que celle de la marque Naf-Naf. 

« Le sentiment d’être abandonnés »

Depuis l’annonce des PSE fin janvier, une période de quatre mois de négociations est ouverte avec les syndicats. 

Nous avons eu beaucoup de réunions avec la direction, mais cela n’avance pas beaucoup, indique Gérald Gautier, coordinateur FO chez Vivarte, Nous avons le sentiment que les pouvoirs publics ont abandonné Vivarte et ses salariés à leur sort. 

Un immobilisme que le représentant FO attribue en partie à la période pré-électorale des présidentielles. Gérald Gautier fustige aussi la loi Travail, qui facilite les licenciements économiques dans les entreprises. 

Une injonction de la DIRECCTE

Face à leur difficulté à obtenir de la direction des informations précises dans le cadre des PSE, les représentants syndicaux élus du Comité central d’entreprise et au CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont saisi l’inspection du travail. 

 

En réponse, la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi) d’Ile-de-France a adressé le 3 avril à la direction une injonction à produire des documents. Auprès des élus syndicaux (CE, CCE, CHSCT, DP) mais aussi auprès de l’expert nommé par ces derniers. 

Quid des emplois dans la logistique ?

En plus des emplois touchés par les PSE, les syndicats s’inquiètent des éventuelles conséquences de la restructuration en cours à La Halle aux chaussures sur les emplois de la logistique. 

Parallèlement aux actuelles négociations sur les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), des procédures sont en cours auprès du Tribunal de commerce et du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. 

Les syndicats ont demandé une expertise des comptes de Vivarte. 

Les LBO mises en cause

Ils veulent en savoir plus sur les conséquences d’une restructuration de la dette en 2014. Et aussi sur des LBO (Leveraged buy-out ou achat à effet de levier en français). Un système qui permet à des fonds d’investissements de racheter des entreprises tout en faisant payer à celles-ci le coût du rachat, via des emprunts qui génèrent des dettes. 

Le TGI de Paris devrait rendre son verdict sur l’expertise des comptes le 27 avril. 

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