FO fustige le plan de restructuration d’Air France sans évoquer les violences de la manifestation

Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat FO.

 

Alors que plus d’un millier de personnels d’Air France manifestaient ce lundi matin 5 octobre à Roissy devant le siège de la compagnie où se tenait un comité central d’entreprise (CCE), la Direction a détaillé les modalités de son plan de restructuration. 

Celui-ci consisterait notamment à supprimer 2 900 postes dans les trois secteurs professionnels de la compagnie : 300 postes de pilotes disparaitraient ainsi que 1 900 postes de personnels au sol et 700 postes chez les personnels navigants commerciaux.

« Les premières suppressions de postes interviendraient dès 2016 » indique Christophe Mallogi, le secrétaire général du syndicat FO d’Air France fustigeant ces licenciements annoncés ainsi que la programmation d’une perte d’activités de la compagnie qui comptait 52 500 salariés fin 2014. 

La Direction d’Air France annonce en effet la suppression d’ici 2017 de quatorze avions affectés à la flotte long-courrier (107 avions). Cinq avions seront supprimés dès 2016. 

Un CCE écourté

Dès l’an prochain encore, la compagnie dont l’État est actionnaire à près de 18%, compte réduire la fréquence de ses vols sur 22 lignes et mettre en place une « plus forte saisonnalité » des vols sur six autres lignes. La compagnie prévoit aussi de fermer cinq lignes desservant l’Inde et le sud-est de l’Asie. 

Apprenant les modalités drastiques de ce plan, les manifestants sont entrés dans la salle où se tenait le CCE. Celui-ci a été arrêté. 

Ce 5 octobre, les syndicats des personnels au sol dans l’action appelaient à une grève et une manifestation tandis que les syndicats de PNC (Hôtesses et stewards) et les pilotes appelaient à manifester.

 » Après cette annonce du plan, il faut que la direction apporte des précisions. Elle semble fixer la date limite de négociation à décembre prochain, c’est très proche ! » indiquait Christophe Mallogi lundi en milieu de journée. Pour le syndicat FO, « il ne peut y avoir de licenciements secs et pas non plus de départs volontaires car les personnels ont fait déjà beaucoup d’effort depuis des années ». Or explique Christophe Mallogi « la Direction estime que dans les secteurs où n’aboutiront pas les négociations, il y aura des licenciements ». 

 

La logique étrange du plan B

Alors que lors du précédent CCE tous les syndicats ont voté un droit d’alerte économique demandant la réalisation d’une étude qui permette de connaître précisément la situation comptable de l’entreprise, FO conteste le chantage ou l’ultimatum dont la Direction a usé pour finalement infliger ce plan. 

Le plan de restructuration détaillé ce jour vient en remplacement du projet initial Perform 2020 qui prévoyait d’organiser une réduction des coûts. Or, la négociation de ce projet entre la Direction et les pilotes n’a pu aboutir. Pour FO « il ne sert à rien de stigmatiser une population –les pilotes- qui défend ses droits ». 

La Direction a donc décidé de présenter son plan alternatif ou « plan B ». Pour FO, ce plan est une « mauvaise solution car après avoir déjà imposé des économies aux personnels, ils devraient désormais réaliser davantage encore d’économies et qui plus est pour combler les pertes de recettes dues aux pertes de marchés inhérents aux suppressions de lignes ! » 

Perform 2020 devait succéder au plan Transform 2015 lancé en 2012 et qui s’est notamment traduit par deux plans de départs volontaires –actuellement à peine achevés- et par une réduction de la masse salariale à hauteur de 384 millions d’euros sur 2013-2014. Au rang d’une des cinq premières compagnies au monde, Air France comptait 69 500 salariés fin 2012. Deux ans après, la compagnie avait perdu 5 500 emplois. Pas assez semble-t-il pour la direction qui dès septembre 2014 arguait encore d’un sureffectif qu’elle évaluait à… 2 800 emplois dont 1560 postes au sol. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

You May Also Like
Lire plus

La double authentification arrive sur Tripalio le 5 janvier 2026 pour une sécurité renforcée

Pour protéger les données et sécuriser l'accès de tous nos utilisateurs à nos informations stratégiques, à notre base de données CCN et à nos outils de conformité juridique, nous faisons évoluer la connexion au site Tripalio à partir du 5 janvier 2026. Dès le début de l'année 2026, un mécanisme simple de double authentification par mail vous permettra de vous connecter à Tripalio. ...
Lire plus

Joyeuses fêtes avec Tripalio

L'ensemble de l’équipe Tripalio vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année. Ces prochains jours, retrouvez notre sélection des articles publiés en 2025. ...

Malakoff Humanis et Kerialis vers un rapprochement

En fin de semaine dernière, par le moyen d'un communiqué commun, Malakoff Humanis, assureur paritaire généraliste, et Kerialis, assureur lui aussi paritaire mais davantage centré sur les professions "du droit et du chiffre", ont annoncé avoir signé "un protocole d'accord en vue de leur projet de rapprochement". Faisant état d'une réflexion entamée depuis le printemps dernier dans ce domaine, les deux groupes paritaires se félicitent d'avoir identifié une...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord collectif de prévoyance interbranches dans les exploitations de polyculture élevage maraîchage CUMA de Loire-Atlantique

La ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 19 décembre 2025 les dispositions de l’avenant n° 8 du 25 juin 2025 à l'accord collectif de prévoyance interbranches concernant les salariés non-cadres des exploitations de polyculture, de viticulture, d'élevage, de maraîchage, d'horticulture, de pépinières, des entreprises des territoires et des coopératives d'utilisation de...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord sur une protection sociale complémentaire en santé dans certains départements des Pays de la Loire et de l’ouest de la France

La ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 19 décembre 2025, les dispositions de l’avenant n° 9 du 27 janvier 2025 à l'accord sur une protection sociale complémentaire en santé dans certains départements des Pays de la Loire et de l'ouest de la France. Les organisations professionnelles et toutes personnes...