Faillite des compagnies aériennes : la CFDT veut éviter un crash social

Cet article provient du site du syndicat de salariés CFDT.

Environ 2 000 salariés sur le carreau, c’est le bilan après liquidation judiciaire des deux compagnies aériennes Aigle Azur le 27 septembre et XL Airways le 2 octobre : 670 salariés licenciés chez Aigle Azur, 570 chez XL Airways, auxquels viennent s’ajouter les CDD, intérimaires et sous-traitants. Comment en est-on arrivé là ? 

Aigle Azur était la deuxième compagnie aérienne française jusqu’à pâtir d’erreurs de diversification et de son rachat par le chinois HNA. Comme d’autres conglomérats faisant des acquisitions tous azimuts, HNA a subi des pressions du gouvernement chinois pour que le groupe se désendette et cède certaines activités achetées à l’étranger. Aigle Azur a fait partie du lot. « Ce qui intéressait les candidats à la reprise, ce sont les précieux 9 150 créneaux horaires de décollage attribués à Aigle Azur, très rares au départ de l’aéroport d’Orly… mais pas les emplois qui vont avec ! », analyse Raphaël Caccia, secrétaire général de la branche aérien de la CFDT-Transports. « Quant à XL Airways, fortement endettée sur du long courrier où la concurrence entre transporteurs à bas coût est féroce, elle avait peu de chances de trouver repreneur, car Roissy n’est pas à saturation comme Orly. » 

Les enjeux de la redistribution 

Le compte à rebours a commencé dans l’attribution des créneaux laissés vacants. En France, la règle de distribution est la suivante : l’État peut prélever jusqu’à 20 % du total, puis le reste est proposé pour moitié aux nouveaux entrants, pour moitié aux compagnies déjà présentes sur ces aéroports, selon leur taille. « Dans le meilleur des cas, une compagnie comme Air France récupérera l’équivalent de seulement un ou deux vols par jour. Cela n’induit pas de recrutements majeurs », regrette Raphaël Caccia. C’est pourquoi la CFDT attend du gouvernement qu’il exige une attribution des créneaux horaires assortie d’une offre de reclassement des salariés licenciés. « C’est la seule manière de sauver des emplois, mais il faut faire vite ! » L’Association pour la coordination des horaires (Cohor) doit redistribuer les créneaux au début du mois de novembre… 

 

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