De plus en plus de médecins formés à l’étranger exercent en France

D’après le rapport de la DREES relatif aux dépenses de santé en 2016, la part des professionnels de la médecine exerçant en France et ayant eu leur diplôme à l’étranger ne cesse d’augmenter. Et tous les corps sont touchés : les masseurs-kinésithérapeute, les médecins ou encore les chirurgiens-dentistes. 

Au 1er janvier 2016, le Conseil National de l’Ordre des médecins recensait 285 840 médecins en France, soit une hausse de 1,7% par rapport à l’année précédente. 

 

La hausse du nombre des diplômes étrangers

Parmi ces praticiens, on retrouve aussi un nombre grandissant qui ont obtenu leur diplôme à l’étranger. Environ 21 800 médecins actifs inscrits à l’Ordre ont suivi les procédures pour pouvoir pratiquer dans l’hexagone. On constate qu’il y aurait 2600 dentistes diplômés à l’étranger, 2000 pharmaciens et 1400 sages-femmes. Autant dire, une très faible proportion du nombre global de professionnels de la santé en France.  

Il y a cependant deux branches médicales qui accusent une très forte hausse de diplômes venant hors de nos frontières. Plus d’un chirurgien-dentiste sur trois a étudié hors de nos universités ; et prêt d’un médecin sur quatre.  

« Parmi les dentistes ayant passé leur diplôme à l’étranger, 48% ont passé leur diplôme en Europe de l’Ouest, 29% en Europe de l’Est, 8% dans les pays du Maghreb ;  

16 900 masseurs-kinésithérapeutes ont été diplômés à l’étranger en janvier 2015, 3500 orthophonistes » 

 

Des diplômés étrangers nécessaires

Plusieurs facteurs expliquent cette proportion de plus en plus importante de praticiens ayant obtenu leur diplôme à l’étranger. Tout d’abord, le « numerus clausus« . La France est le seul pays avec la Belgique à mettre en place son numerus clausus à l’entrée en deuxième année d’étude. Les autres pays européens l’ont dès la première année. Cette pratique instaurée à une époque où l’offre était pléthorique, n’avait pas pris en compte les évolutions socio-démographiques que le pays allait subir. L’écart entre le nombre de médecins et les besoins de la population s’est creusé.  

Deuxième facteur : la mauvaise répartition des médecins sur le territoire. Sans revenir sur la problématique des déserts médicaux, les jeunes médecins ont tendance à s’installer en ville, là où il y a un fort potentiel de patientèle.  

Au total, un médecin sur dix est titulaire d’un diplôme européen ou extra-européen. Ils participent à la lutte contre les déserts médicaux et viennent renforcer les centres médicaux qui ne pourraient maintenir leur activité sans eux. Mais comme toute médaille a aussi son revers, la plupart exerce en libéral, contribuant finalement trop peu à l’amélioration des accès aux soins de premiers secours.  

 

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