Dans les services à la personne, esclandre paritaire sur les salaires

Alors que les services à la personne constituent un secteur d’activité en plein développement mais qui peine à recruter, et alors que l’inflation atteint des niveaux relativement élevés, les syndicats de salariés attendaient beaucoup de la négociation salariale conventionnelle engagée à la fin de l’année dernière.

Après une négociation relativement laborieuse, qui a duré « plus de sept mois » d’après la CFDT, la CGT, la CFTC et FO, deux des quatre organisations patronales représentatives dans la branche : la Fédésap et la FFEC, ont présenté deux accords aux négociateurs salariaux. Ces accords, validés par les organisations salariales, visaient à réévaluer les salaires, les indemnités kilométriques et la prime d’ancienneté.

Hélas pour les salariés et leurs représentants, peu après la signature des deux textes, les deux autres organisations patronales représentatives, majoritaires à elles deux, la FESP et le Synerpa, ont décidé de s’opposer à leur extension. En échange, elles ont proposé leurs propres textes sur les salaires et les indemnités kilométriques (IK) – textes qui, si l’on en croit l’intersyndicale CFDT, CGT, CFTC et FO, « proposent seulement quelques centimes de moins sur les minimas de salaires et à peine 2 centimes en moins par IK ».

Les organisations salariales signataires des deux accords Fédésap et FFEC jugent très sévèrement l’attitude adoptée par la FESP et le Synerpa. « Ces procédés indignes de 2 organisations patronales détruisent les avancées obtenues auprès de la Fedesap et de la FFEC par les 4 organisations de salariés représentatives dans la branche et laissent les 4 niveaux de rémunération de la branche sous le SMIC » déplorent-elles en effet. Afin de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve la branche, elles en appellent à l’intervention du ministère du Travail : « La CFDT, CFTC, CGT et FO demandent à la Direction Générale du Travail de prendre la présidence de la CPPNI afin de permettre une négociation loyale et dans le respect des salariés de la branche ».

Les salariés de la branche, dont les salaires demeurent relativement faibles, seront sans doute ravis d’apprendre que leurs rémunérations ne seront pas revalorisées avant plusieurs mois.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

You May Also Like

Seyna poursuit sa forte croissance

La plateforme française d'assurance et de technologie pour les courtiers, Seyna, publie des résultats annuels 2025 très positifs. Après une année 2024 déjà bonne, l'année 2025 poursuit dans la même trajectoire et dépasse les objectifs que l'entreprise s'est fixée dans son plan "Horizon 2027". Ainsi le niveau des...

Relyens poursuit sa croissance mais son résultat et sa solvabilité reculent

Le groupe Relyens communique sur les résultats de son exercice 2025 en insistant sur la progression de son chiffre d'affaires (CA) et des primes récoltées. Il faut dire que son CA dépasse désormais les 700 M€. Après une année 2024 à 674 M€, l'année 2025 permet à Relyens d'atteindre 723 M€. Cette belle progression s'accompagne d'une hausse des primes collectées qui atteignent dans le même temps 1 242 M€ (c'était 1 160 M€ en 2024). ...

Avis d’extension d’accords régionaux (Occitanie) chez les OETAM du bâtiment 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 15 avril 2026, les dispositions de 3 accords régionaux (Occitanie) du 13 février 2026 relatifs aux salaires et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises occupant...

Avis d’extension d’un avenant dans l’expédition et exportation de fruits et légumes

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 15 avril 2026, les dispositions de l’avenant n° 14 du 4 mars 2026 relatif à la grille des salaires conventionnels de l'annexe particulière légumes frais prêt à l'emploi, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des entreprises d’expédition et d’exportation de fruits et légumes (...