Dans la métallurgie, la nouvelle classification encore loin d’être généralisée

Si la grille des classifications associée à la nouvelle convention collective nationale de la métallurgie est officiellement entrée en vigueur au 1er janvier dernier, dans les faits, elle est encore loin d’être généralisée.

C’est, du moins, ce qu’affirme la fédération CFE-CGC de la métallurgie, bien implantée dans le secteur, à l’issue d’une consultation interne de ses délégués syndicaux et coordonnateurs pour les trente plus grands groupes de la branche, de ses militants issus des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) du secteur ont été entendus en réunions à distance en, enfin, de tous ses délégués syndicaux. Réalisée au cours du premier trimestre 2024, cette enquête conduit donc, entre autres choses, le syndicat de l’encadrement métallurgiste à établir que « 30 à 40 % » des entreprises n’appliquent pas convenablement la nouvelle grille des classifications.

Commentant plus en avant ce chiffre, l’organisation syndicale y voit surtout le résultat d’une mise en œuvre de cette nouvelle grille qui aurait été plus subie que réellement choisie – et s’intégrant le cas échéant dans une démarche de transformation à moyen et long termes des outils productifs. D’ailleurs, elle déplore le manque de dialogue des directions avec les syndicats dans l’application de la grille : cette dernière aurait rarement donné lieu à des négociations mais se serait le plus souvent limitée à des décisions prises par les directions. Le syndicat pose enfin la question de la capacité de la branche à renforcer son attractivité dans un contexte où la rénovation des classifications n’a pas donné lieu aux réflexions et améliorations qu’elle aurait pu engager.

Si le constat du non respect dans toutes les entreprises du secteur des termes de la nouvelle CCN de la métallurgie constitue indiscutablement un problème, il n’en demeure pas moins qu’il convient de le relativiser quelque peu. D’une part, du point de vue des entreprises, ce non respect n’emporte que des risques au contentieux limités. On imagine en effet mal des salariés ester en justice sur ce thème. D’autre part, et du point de vue des salariés cette fois, il convient n’apparaît pas tout à fait illogique que, s’agissant d’un secteur d’activité aussi vaste que celui de la métallurgie, la pleine mise en œuvre de la nouvelle CCN et, notamment, de sa grille des classifications, prenne un peu de temps.

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