Coronavirus : un nouveau cas de démission avec chômage est créé

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CFDT.

Les règles du chômage ont été largement adaptées suite au Covid-19 : prorogation des droits, suspension partielle de la dernière réforme drastique du Gouvernement et, suite à l’intervention de la CFDT, création d’un nouveau cas de démission légitime (art.9 décret n° 2020-425 du 14 avril 2020 portant mesures d’urgence en matière de revenus de remplacement). 

Une situation de blocage aux conséquences financières dramatiques. Entre l’employeur qui n’a plus d’activité et les salariés priés de reporter leur date d’embauche alors qu’ils avaient démissionné exprès pour un nouveau poste, la situation avait de quoi être tendue ! D’autant que la démission pure et simple n’ouvre pas droit à l’assurance chômage. C’est ainsi que sur la boîte mail covid-19@cfdt des dizaines de cas ont été remontés de personnes se trouvant sans aucun revenu.  

Un décret est donc venu apporter des solutions, quoiqu’il laisse une petite zone d’ombre s’agissant de la possible action ultérieure aux prud’hommes… 

  • La possibilité de percevoir le chômage sous conditions

L’objet de l’article 9 du décret du 14 avril 2020 est « de préserver la situation des salariés qui auraient démissionné, avant le début du confinement, en vue d’une mobilité professionnelle n’ayant pu trouver à se réaliser », en introduisant, à titre temporaire, un nouveau cas de démission légitime permettant de bénéficier de l’allocation de retour à l’emploi 

Il est maintenant possible, exceptionnellement, de bénéficier d’une allocation d’assurance chômage dans les cas suivants : 

suite à une démission intervenue avant le 17 mars, que le contrat rompu soit un CDI ou un CDD (c’est bien la date de démission qui sera prise en compte par Pôle emploi et non celle de fin de préavis) ; 

dès lors que la personne a travaillé au moins 6 mois dans les 24 derniers mois (ou dans les 36 derniers mois pour les salariés de 53 ans et plus) ; 

pour reprendre un emploi, en CDI ou CDD ou mission d’intérim d’une durée minimale de 3 mois

l’embauche devait initialement avoir lieu à compter du 1er mars et elle n’a pas pu être réalisée

Pour bénéficier de l’allocation de retour à l’emploi dans les conditions de droit commun, il faudra démontrer que l’embauche n’a pu se faire

Il faudra produire à Pôle emploi : 

-une promesse d’embauche, 

-un contrat de travail 

-ou, « à défaut, une déclaration de l’employeur attestant qu’il a renoncé à votre embauche ou l’a reportée (cette déclaration devra comporter le logo de l’entreprise, le cachet et la signature de l’employeur) ». 

  • La preuve de l’embauche donne-elle seulement le droit au chômage ?

La question qui va se poser une fois que nous serons revenus dans une situation plus normale est de savoir si les employeurs vont pouvoir s’exonérer de leur promesse ou offre de contrat acceptée par les salariés qui auront quitté leur précédent emploi pour cette raison. 

En effet, les offres ou promesses sont engageantes pour l’employeur et leur non-respect est susceptible d’ouvrir différentes indemnités devant le conseil des prud’hommes. Ainsi est-il important de savoir si l’ouverture de l’assurance chômage non pas vraiment aux démissionnaires, mais plutôt aux salariés dont l’employeur n’a pu respecter sa promesse, va tout de même permettre à ces salariés d’être rétablis individuellement dans leurs droits. 

Pour la CFDT il ne fait aucun doute qu’une telle action en justice reste possible une fois que les tribunaux auront retrouvé leur rythme normal d’audience et que dans l’attente les salariés peuvent fort heureusement bénéficier du chômage.  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

You May Also Like

Arrêté d’extension d’un avenant dans les entreprises horticulture pépinières du département du Calvados

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 17 janvier 1991 concernant les exploitations et entreprises agricoles de l'horticulture, des pépinières, de l'arboriculture, de la production de fruits et de champignons du Calvados ...

Arrêté d’extension d’un avenant sur le personnel d’encadrement des entreprises de polyculture de l’Eure

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 28 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 30 novembre 1984 du personnel d'encadrement des entreprises de polyculture et d'élevage, des exploitations maraichères et de cultures légumières de plein champ et des coopératives d'utilisation...

Les entreprises artistiques et culturelles modifient leur accord sur les salaires

Un avenant relatif aux salaires a été conclu dans la CCN de la convention collective nationale pour les entreprises artistiques et culturelles du 1er janvier 1984 (IDCC 1285). Daté du 16 juillet 2026, le texte a pour objet de modifier l'article 1.2 de l'accord sur les salaires 2026, car la grille des minimas conventionnels des emplois autres qu'artistiques figurant dans cet...

La CCN de l’industries des tuiles et briques met à jour les salaires

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’industrie des tuiles et briques du 17 février 1982 (IDCC 1170). Il s’agit de l’avenant n°19 du 30 avril 2026 qui a été signé par la Fédération Française des Tuiles et Briques (FFTB), UP'CHAUX, FIB et UNICEM ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Nationale des...

La CCN de la médecine du travail revient sur la formation professionnelle

Un accord relatif à la formation professionnelle a été conclu dans la CCN du personnel des services interentreprises de médecine du travail (IDCC 897). Il a été signé le 25 juin 2026 par l’organisation patronale PRESANSE ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Française de la Santé, de la Médecine et de l’Action Sociale CFE-CGC, Fédération Santé...

Le commerce de détail de l’habillement publie les salaires applicables à Mayotte

Un accord de branche sur les salaires applicables à Mayotte a été conclu dans la CCN du commerce de détail de l’habillement et des articles textiles (IDCC 1483). Il a été signé le 12 juin 2026 par les organisations d’employeurs Fédération Nationale de l’Habillement et CNDL ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération CFTC commerce, services et forces de...