Contester le caractère professionnel d’un accident, ferveur pour l’employeur

La deuxième chambre civile de la Cour de cassation vient de rendre une décision, le 5 novembre 2015, précisant, pour l’employeur, la possibilité de contester le caractère professionnel d’un accident d’un de ses employés. 

 

Les faits 

Un électromécanicien intérimaire a été mis à disposition d’une société en novembre 2010. Au jour de son arrivé à son poste, il a été victime d’un AVC sur le trajet le menant à Séoul. 

Un accident du travail correspond, selon l’article L. 411-1 du code de la sécurité sociale, à tout accident survenu quelle qu’en soit la cause, à l’occasion du travail d’un employé pour son employeur. 

La caisse primaire d’assurance maladie de Saône-et-Loire a pris en charge l’accident. L’accident du travail a été notifié à l’employeur dans une décision qu’il n’a pas contesté. Elle est donc devenue définitive. 

La victime a ensuite saisi une juridiction de sécurité sociale pour faire reconnaître la faute inexcusable de son employeur. La faute inexcusable de l’employeur, si elle est à l’origine de l’accident, emporte des conséquences non négligeables sur l’employeur quand la victime arrive à la démontrer. En effet, aux termes de l’article L. 452-2 du code précité, l’employeur devra alors payer une indemnité complémentaire si la faute est avérée. 

Cette faute inexcusable est une création jurisprudentielle, datant d’un arrêt de 1941 de la Cour de cassation, qui repose sur un manquement à l’obligation contractuelle de sécurité de l’employeur. C’est à la victime de rapporter la preuve d’une telle faute. 

 

L’opposabilité de la décision définitive 

L’employeur qui conteste l’action en reconnaissance de la faute inexcusable qu’il aurait commise, appuie sa défense sur l’absence de caractère professionnel de l’accident. C’est-à-dire qu’il conteste la qualification en accident du travail de l’AVC. 

Cependant, la cour d’appel rejette ses moyens au motif que la décision qualificative de l’accident du travail est devenue définitive. 

La société en charge de l’intérimaire forme alors un pouvoir en cassation, car la cour d’appel déduit l’existence de la faute inexcusable uniquement en raison de l’irrecevabilité des demandes de l’employeur. En effet, une demande d’inopposabilité n’est plus possible en cas de non contestation de la décision litigieuse. 

En revanche, l’opposabilité de la décision ne prive pas l’employeur de contester le caractère professionnel de l’accident. C’est pourquoi la Cour de cassation casse le jugement d’appel sur ce point. 

Ainsi, une décision définitive de constat d’un accident professionnel n’empêche pas l’employeur de contester la réalité de cet accident lors d’une action en reconnaissance de la faute inexcusable. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la FNIM parle du poids des normes prudentielles sur les mutuelles

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

You May Also Like
Lire plus

Gel des tarifs, transferts de charges, Alan, Grande Sécu : notre sélection des dernières auditions de la MECSS

La mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (MECSS) se réunissait les 15 et 16 avril derniers pour parler des complémentaires santé. Lors des auditions menées par le président de la mission Jérôme Guedj (Monsieur gel des tarifs) et par le rapporteur général ...

L’avis dédié aux modalités de remboursement des protections périodiques réutilisables est publié

Quelques jours après la diffusion du décret (que l'on attendait plus !) relatif à la prise en charge des protections périodiques réutilisables, le gouvernement a publié l'avis qui concerne les modalités de leur prise en charge effective. Pour rappel, c'est le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour l'année 2024 qui avait acté le remboursement des protections périodiques réutilisables. Il aura fallu attendre plus de 2 ans pour que la mesure soit...

Planète CSCA RH accueille son nouveau Président

Ce communiqué a été diffusé par Planète CSCA RH. Lors du renouvellement de la gouvernance de l’organisation, Anthony Jouannau a été élu Président de PLANETE CSCA RH. Anthony Jouannau succède à Stéphanie Martin. Laurent Arachtingi, directeur général du groupe IFPASS, demeure par ailleurs directeur général de PLANETE CSCA RH. Créée en 2018 par PLANETE CSCA, syndicat des courtiers...