Conserver un CHSCT est maintenant interdit !

Cette publication provient du site du syndicat de salariés eurodif-FO.

 

S’il va rester possible de conserver des délégués du personnel en parallèle au futur Comité social et économique, les CHSCT vont disparaître définitivement. 

Parmi les bouleversements que va induire la réforme du Code du travail , il y a la simplification drastique des instances de représentation du personnel. Adieu comité d’entreprise (CE), comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), délégués du personnel (DP). Désormais ils ne feront plus qu’un : le comité social et économique. 

Ce n’est pas une surprise : c’était une promesse de campagne du candidat Macron et la loi d’habilitation à légiférer par ordonnances envisageait même l’éventualité d’absorber aussi les délégués syndicaux qui ont aujourd’hui le monopole de la négociation. 

Une petite marge de liberté 

Mais curieusement, alors que l’exécutif vante une réforme accordant plus de liberté aux partenaires sociaux dans l’entreprise pour s’adapter aux réalités du terrain, il a choisi d’imposer autoritairement par la loi une telle fusion. C’est un paradoxe car l’objectif affiché de la réforme est d’apporter beaucoup plus de souplesse aux entreprises. Ainsi, s’ils sont signés par des syndicats représentant une majorité de salariés, des « accords de méthode » pourront permettre de changer le rythme des négociations et même la liste des sujets évoqués, sauf sur les thèmes obligatoires. 

Une petite marge de liberté a tout de même été concédée sur les structures avec la possibilité par accord majoritaire de conserver des délégués du personnel, mais le CHSCT est, lui, définitivement enterré. Même si la direction de l’entreprise et des syndicats majoritaires le veulent, il ne sera pas possible de conserver une instance à part dédiée aux questions de santé et de conditions de travail, ce que demandaient les syndicats. Seule pourra être créée une commission dotée d’une personnalité juridique spécifique au sein du comité social et économique. A l’issue de la concertation sur le sujet, fin juin, le ministère du Travail avait pourtant affirmé que les entreprises pourraient négocier un accord majoritaire si elles souhaitaient avoir des instances séparées , ce que demandaient au minimum les syndicats. Mais l’ordonnance n’en dit mot. 

 

La CGC ne décolère pas 

La nouvelle va faire des déçus, y compris chez certains dirigeants. La CGC, elle, ne décolère pas. « La fusion des instances sera faite de force, c’est une trahison », s’emporte François Hommeril, le président de la centrale de l’encadrement, qui souligne qu’avec l’absence de mesure renforçant la place des salariés dans les conseils d’administration et l’actionnariat salarié, ce sont les deux « déclics » qui ont conduit son organisation à s’opposer frontalement aux ordonnances. 

L’exécutif n’a pas l’intention de bouger sur le sujet. D’où l’importance du décret qui précisera le nombre de représentants des salariés et le temps qui leur sera alloué dans les Comités sociaux et économiques qui vont être appelés à succéder aux actuels CE, CHSCT et, sauf accord, DP au fur et à mesure des échéances électorales dans les entreprises. 

LES ROUTIERS VONT SE MOBILISER EN ORDRE DISPERSÉ 

Le 21 septembre à l’appel de la CGT et le 23 septembre à l’appel de La France insoumise sont les prochaines dates de mobilisation contre la réforme du Code du travail. D’autres sont en train de s’ajouter. Les routiers vont en effet s’en mêler. Mais si leurs syndicats les appellent à se mobiliser, ils n’ont pas réussi à parler d’une seule voix. L’Union fédérale Route CFDT et les Transports CFTC préparent des actions le 18 septembre. Il y aura « certainement des blocages », a expliqué le cédétiste Patrick Blaise à l’AFP, soulignant le fort impact des ordonnances sur le secteur qui compte « 75 % de TPE-PME ». De leur côté la CGT et FO ont appelé mercredi les routiers à une grève reconductible à partir du 25 septembre. « Bien évidemment » les dépôts de carburants seront une cible, « ce sera une grève qui aura des conséquences très concrètes sur l’économie française », a affirmé le Cégétiste Jérôme Vérité. 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #4 : zoom sur les dernières grandes actus CCN santé/prévoyance

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

You May Also Like

Mise à jour des salaires dans la distribution et commerce de gros des papiers-cartons

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de la distribution des papiers-cartons commerce de gros (IDCC 3224). Il s’agit de l’avenant n°13 du 17 juin 2026 qui a été signé par l’Association française des distributeurs de papier et d’emballage – AFDPE  ; ainsi que par le syndicat de salariés Fédération chimie énergie-...

Les salaires évoluent dans la branche de la maroquinerie – cuirs et peaux

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans le cadre de la CCN des industries de la maroquinerie (IDCC 2528). Daté du 1er juillet 2026, il révise les salaires minima nationaux professionnels dans l’ensemble des industries des cuirs et peaux, afin de prendre en compte la dernière augmentation du SMIC consécutive à une hausse de l’inflation et de maintenir des...

Les salaires évoluent dans la CCN des hôtels cafés restaurants HCR

Un accord paru au BOCC revalorise les salaires dans la convention collective nationale des hôtels, cafés restaurants (HCR IDCC 1979). Cet avenant n°36 du 4 juin 2026 a pour objet de fixer les nouveaux salaires minima applicables aux salariés du secteur des Hôtels, Cafés, Restaurants HCR, afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés de la branche, dans un contexte...

Les salaires 2026 sont révisés dans la CCN des mareyeurs-expéditeurs

Un accord paru au BOCC de cette semaine met à jour les salaires minima dans le cadre de la convention collective nationale des mareyeurs-expéditeurs du 15 mai 1990 (IDCC 1589). Il s’agit de l’avenant du 24 juin 2026 à l’annexe II de ladite CCN, qui a été signé par les organisations patronales Union du Mareyage Français (UMF) ; ainsi que par les syndicats de...

Les salaires évoluent dans la CCN de l’optique-lunetterie de détail

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’optique-lunetterie de détail du 2 juin 1986 (IDCC 1431). Il a été signé le 9 juillet 2026 par la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF) et le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération CFTC-CSFV,...

Les nouveaux salaires 2026 pour les cadres de la gestion d’équipements thermiques et climatisation

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la CCN des cadres, ingénieurs et assimilés des entreprises de gestion d’équipements thermiques et de climatisation (IDCC 1256). Il s’agit de l’accord du 17 juillet 2026 qui a été signé par l’organisation d’employeurs FEDENE ; ainsi que par les syndicats de salariés CFE-CGC et FO. Le texte fixe les...