Chômage et retraites : Macron confirme le cap (bruxellois) des réformes

Hier soir, lors de son allocution télévisée consacrée à la crise sanitaire et à ses conséquences économiques et sociales, le Président de la République Emmanuel Macron a précisé ses intentions en matière de réforme de l’assurance chômage et de réforme des retraites.

Il a, en l’occurrence, confirmé qu’il entendait se soumettre à l’agenda bruxellois de durcissement des conditions d’accès aux allocations chômage et aux pensions de retraite.

La réforme de l’assurance chômage appliquée au 1er octobre

La réforme de l’assurance chômage est l’une des deux réformes de politique sociale censées permettre au gouvernement de réaliser des économies budgétaires substantielles – et, par conséquent, de montrer patte blanche auprès de Bruxelles afin d’obtenir un chèque dans le cadre du plan de relance. C’était toutefois aussi, hélas pour l’exécutif, une réforme bien mal en point, délégitimée, en particulier, par la décision rendue le 22 juin dernier par la juge des référés du Conseil d’Etat de suspendre l’évolution des règles de calcul du montant de l’allocation-chômage qui, en application de ladite réforme, devaient entrer en vigueur le 1er juillet. A la suite de cette décision, les règles alors en vigueur d’indemnisation des demandeurs d’emploi avaient été prolongées jusqu’à la fin septembre.

Faisant donc fi de cette décision, le Président de la République a annoncé, hier soir, que la réforme de l’assurance chômage allait entrer en vigueur au 1er octobre prochain. « On doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en restant chez soi, ce qui n’est actuellement pas toujours le cas » a-t-il estimé. Si ce motif n’est pas dénué de pertinence, encore faut-il préciser que la situation économique et sociale actuelle du pays n’est pas nécessairement compatible avec un tour de vis immédiat sur l’indemnisation du chômage. Les injonctions bruxelloises paraissent, ici, avoir pesé au moins aussi lourd dans la décision de l’exécutif que la prise en compte de la situation objective des travailleurs français.

Un recul de l’âge de la retraite dès que possible

A côté de la réforme de l’assurance chômage, c’est l’autre chantier de politique social devant permettre à l’exécutif de rassurer Bruxelles quant à la trajectoire budgétaire française : Emmanuel Macron a promis d’engager une « réforme des retraites » dès lors que « les conditions sanitaires seront réunies » pour une reprise économique durable. « Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée » a affirmé le chef de l’Etat – ne précisant, certes, pas ce qu’il entend exactement par ces deux conditions. Ainsi donc, comme dans le cas de l’indemnisation du chômage, le Président de la République veut aller vite pour remettre en jeu les équilibres actuels de la retraite.

Il s’agirait, comme ceci est évoqué ici ou là dans le débat public depuis quelques semaines, de reculer l’âge du départ à la retraite. Une telle mesure apporterait une bouffée d’oxygène immédiate au budget public. Là encore, on s’interrogera pourtant sur sa pertinence, dans l’état actuel des choses. Alors que, comme le reconnaît Emmanuel Macron lui-même, la France doit mener une transition économique majeure, dont il y a tout lieu de penser qu’elle va s’accompagner d’une mise à l’écart du marché du travail des salariés les plus âgés, difficiles à repositionner sur des postes nettement différents du leur, le choix effectué par l’exécutif d’une gestion sans ménagement de cette catégorie de travailleurs ne saurait être considéré comme pleinement adapté aux défis auxquels notre société fait face.

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