Assurance chômage : début des périlleuses négociations paritaires

C’est aujourd’hui que les dirigeants des organisations patronales et salariales représentatives au niveau national : Medef, CPME et U2P d’un côté, CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC de l’autre, se retrouvent afin d’engager une renégociation de la convention Unédic. Les discussions promettent d’être si difficiles qu’elles pourraient bien ne pas mener à un accord paritaire susceptible de convaincre le gouvernement. 

Trois mois pour négocier

Un peu plus d’un mois après que le gouvernement leur a fait parvenir sa lettre de cadrage pour une négociation sur l’assurance chômage, les partenaires sociaux se rencontrent ce mercredi au siège de l’Unédic. Cette première journée de discussion devrait être l’occasion d’un échange commun à propos du document gouvernemental, d’un tour de table des grandes orientations et lignes rouges des uns et des autres et, enfin de la définition d’une méthode et d’un calendrier de négociation. Concernant ce dernier point, l’exécutif a imposé son agenda aux négociateurs : ils devront aboutir à un accord avant la fin du mois de janvier prochain. Ce délai peut paraître correct mais en réalité, il est très limité, dans la mesure où la négociation est appelée à porter sur des enjeux très clivants du point de vue des partenaires sociaux. 

Une négociation minée

Bien que le gouvernement s’en soit défendu, l’enjeu général de la négociation apparaît largement comptable. Il s’agit d’économiser entr 3 et 4 milliards d’euros sur les trois prochaines années. Autrement dit : les représentants patronaux et salariaux sont d’emblée mis sous pression, ayant bien conscience que des efforts considérables leur sont demandés. Dans ce cadre général, ils vont notamment devoir discuter de trois sujets qui constituent des points de désaccord fondamentaux entre eux. D’abord, il va leur falloir rédéfinir les règles de la « permittence », le cumul emploi-chômage. Ensuite, ils vont devoir se prononcer sur l’institution d’un bonus-malus sur les contrats courts. Enfin, il leur difficile d’éviter une réflexion relative à la différenciation des allocations chômage en fonction des revenus des salariés. 

Un accord improbable ?

Ayant eu l’occasion de se positionner vis-à-vis de ces thèmes de négociation, les partenaires sociaux ont fait état de leurs divergences radicales d’approche. Le patronat ne veut pas entendre parler de bonus-malus sur les contrats courts mais n’est pas opposé à revoir les règles de la « permittence » et à discuter dégressivité des allocations pour les hauts cadres. De leur côté, les syndicats entendent bien s’emparer du sujet des contrats courts mais se montrent bien plus réservés, sinon tout à fait fermés, vis-à-vis de l’idée de diminuer les droits des salariés. En réalité, les efforts demandés aux négociateurs patronaux et salariaux sont tels qu’ils semblent contradictoires avec la définition d’un compromis paritaire. De ce fait, les partenaires sociaux pourraient bien être tentés de laisser Emmanuel Macron prendre seul ses responsabilités et assumer de braquer à la fois les entreprises et les salariés. 

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