Airbus : vers un crash social

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CGT.

Le constructeur aéronautique Airbus va supprimer 17 000 postes, soit 11 % de ses effectifs dans le monde d’ici à l’été 2021, a annoncé le groupe mardi 30 juin. En France, 5000 emplois sont ainsi menacés. Cette restructuration va affecter les sous-traitants et l’ensemble de la filière industrielle aéronautique. La CGT revendique l’interdiction des licenciements et des externalisations d’activités. 

17 000 postes seront supprimés d’ici l’été 2021

La direction d’Airbus a annoncé un vaste plan de licenciement, mardi 30 juin, lors d’un conseil économique et social européen (CESE) extraordinaire : 17 000 postes seront supprimés d’ici l’été 2021 (15 000 dans l’aviation commerciale et 2600 dans la défense et l’espace), dont 5000 en France. Ce « plan d’adaptation » sans précédent va avoir des effets en chaîne sur les sous-traitants, les entreprises de service, la filière industrielle, l’aménagement des territoires… 

« Déjà des centaines d’intérimaires au niveau d’Airbus et des milliers de salariés au niveau de la filière ont perdu leur emploi. C’est un très mauvais signal envoyé par Airbus qui va déclencher par effet domino restructurations et licenciements dans toute la filière. Derrière chaque emploi, il y a un savoir-faire. La casse des emplois est une catastrophe sociale mais aussi industrielle. Certes il y a une baisse d’activité pendant une période dont personne ne peut prédire la durée, mais celle-ci devrait être compensée par du chômage partiel longue durée rémunéré à 100% ou du partage du temps de travail sans perte de salaire pour maintenir l’emploi », défend la CGT Airbus.  

Airbus a engrangé des bénéfices considérables

Pendant deux décennies, Airbus a engrangé des bénéfices considérables, dilapidés dans la rétribution des actionnaires par le biais des dividendes et des opérations de rachat / destruction d’actions. Entre 2010 et 2020, l’avionneur avait doublé sa production et espérait atteindre 1000 appareils par an dans un futur proche. 

La crise du coronavirus a brutalement mis fin à cette course à la productivité et au profit. Ce « plan d’ajustement » d’Airbus n’a qu’un objectif : rassurer le « marché » des spéculateurs boursiers, au détriment des travailleur.ses qui ont déjà payé un lourd tribut à la crise sanitaire (congés forcés, rattrapage d’heures, activité partielle…).  

Des plans de licenciement en chaine

Pour sauver la filière, le gouvernement a consenti 15 milliards d’euros pour le secteur de l’aéronautique, dont 10 milliards d’euros aux compagnies aérienne pour limiter les retards dans les livraisons. 

Bilan : des plans de licenciement en chaine. Voilà ce qui arrive quand le gouvernement refuse de conditionner les aides publiques à des contreparties. « Une partie du plan de soutien est consacrée à l’innovation pour réduire l’impact de l’aviation sur l’environnement. Là encore, pas de contreparties demandées par le gouvernement. On peut légitimement craindre que cet argent permette aux donneurs d’ordre comme Airbus d’économiser sur les investissements autofinancés dans la recherche et le développement. Pourtant, il est de la responsabilité d’Airbus, notamment, de prendre sa part dans une aviation bas carbone », estime la CGT Airbus. 

Le groupe aéronautique est en train de transformer une crise conjoncturelle en crise structurelle. C’est pourquoi nous demandons l’interdiction des licenciements et des externalisations d’activités ou de cessions de site. 

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