Assureurs : un premier semestre 2026 porté par l’assurance-vie, sous les effets du climat

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) vient de livrer son panorama du premier semestre 2026. Le marché français de l’assurance y apparaît solide avec une collecte record en assurance-vie et une solvabilité renforcée. Mais deux signaux méritent qu’on s’y arrête : la facture climatique qui enfle et le décrochage des bancassureurs.

Acpr

L’étude, reproduite en fin d’article, confirme d’abord l’embellie de l’assurance-vie. Après une année 2025 déjà exceptionnelle, la collecte brute des contrats rachetables atteint 95,7 Md€ au premier semestre, soit 10,9 Md€ de plus qu’un an plus tôt et un record depuis 2011. Les fonds en euros en captent 58,5 Md€ et les unités de compte 37,2 Md€, à la faveur de taux de revalorisation redevenus compétitifs. Surtout, les rachats restent contenus : rapporté aux primes, leur ratio tombe à 39,9%, son plus bas niveau depuis quinze ans, loin de sa moyenne de longue période (58,6%).

L’épargne afflue vers la vie et la retraite

La collecte nette de 34,7 Md€ des 6 premiers mois de 2026 représente déjà près de 80% du total de toute l’année 2025. En clair, les assurés replacent massivement leur épargne sur les contrats d’assurance-vie et le mouvement ne faiblit guère durant l’été. Effectivement sur 8 mois, la collecte nette frôle 41,5 Md€.

La retraite supplémentaire suit la même pente. Les contrats non rachetables drainent 5,7 Md€, dont 72% au titre des plans d’épargne retraite (PER). De quoi conforter le marché de l’assurance de personnes dans son rôle de réceptacle privilégié de l’épargne des ménages.

La non-vie tient, mais le climat pèse de plus en plus

Côté dommages, la rentabilité technique demeure solide. L’ACPR relève tout de même un ratio combiné de 96,4%, en légère hausse de 0,5 point. Mais la sinistralité climatique grève la ligne incendie et dommages aux biens, dont les sinistres bondissent de plus de 9% et dont le poids dans les provisions non-vie hors santé est passé de 23% fin 2020 à 29% mi-2026. L’été 2026, marqué par une sécheresse historique et des incendies d’une intensité inédite, laisse augurer une charge supplémentaire estimée à titre préliminaire à 563 M€ par France Assureurs (à rapporter aux 136 Md€ de sinistres non-vie de 2025).

Selon l’ACPR cela n’a toutefois pas pour effet de fragiliser pas le secteur qui est bien capitalisé. Du côté de la santé, les prestations de frais médicaux progressent, elles, de 5% en 6 mois.

Une solvabilité au plus haut, sauf pour les bancassureurs

Le taux de couverture du capital de solvabilité requis (SCR) augmente pendant le premier semestre 2026. Il s’établit à 250% fin juin 2026, contre 244% un an plus tôt, porté par la hausse des fonds propres. Dans le détail, les organismes non-vie culminent à 300% et les organismes vie et mixtes à 239%.

Une catégorie fait toutefois exception : les bancassureurs, dont le ratio recule de 8 points, à 219%. Un décrochage à surveiller selon l’ACPR. alors que leurs placements restent grevés de moins-values latentes obligataires (près de -11% sur la dette souveraine française) héritées de la remontée des taux.

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