La CFE-CGC s’inquiète de la hausse de l’absentéisme au travail

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CFE-CGC

 

Dégradation des conditions de travail, désengagement, vieillissement de la population… Avec 17,2 jours d’absence en moyenne par salarié en 2017, l’absentéisme a atteint son plus haut niveau depuis dix ans, selon une étude. Pour la CFE-CGC, cette problématique est plus que jamais à relier à celles de l’organisation du travail et du bien-être au travail. Dix ans déjà que le Baromètre de l’absentéisme au travail et de l’engagement réalisé par le cabinet Ayming rythme l’actualité sociale de l’automne. Ce baromètre s’appuie sur une large base statistique de 46 500 entreprises interrogées employant plus de 1,8 million de salariés du secteur privé. Il est complété par une étude qualitative réalisée auprès de 1 000 personnes portant sur leur engagement dans l’entreprise, conduite en mai 2018 par Kantar TNS.  

  • Un taux d’absentéisme en progression constante

Que retenir du baromètre 2018 ? Une augmentation globale de l’absentéisme (arrêts maladie, accidents de travail, maladies professionnelles) dont le taux moyen est passé de 4,59 % en 2016 à 4,72 % en 2017. Avec 17,2 jours d’absence des Français en 2017, l’absentéisme au travail atteint son plus haut niveau depuis 10 ans. « Cette hausse s’observe depuis quelques années », observe Ayming. S’agissant des régions, l’étude indique que le Nord-Est et le Sud-Ouest « portent les taux d’absentéisme les plus élevés », avec respectivement 5,06 % et 5,50 % ; Explications données pour le Nord-Est (Ardennes, Marne, Aube, Haute-Marne, Vosges, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle et Meurthe-et-Moselle) : la région souffre d’une industrie « sinistrée » et d’un niveau sanitaire « moins favorable » avec « les taux les plus élevés de cancer en France ou de maladies cardiovasculaires ». Le Sud-Ouest (Hautes-Pyrénées, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot, Aveyron, Lozère, Gard, Hérault, Pyrénées Orientales, Ariège, Haute-Garonne, Tarn) est quant à lui « impacté par des taux de chômage élevés depuis plusieurs années », ce qui fait que « les salariés sont moins enclins à partir d’un emploi insatisfaisant. Par conséquent, dans la durée, l’absence devient un recours au manque d’intérêt pour son travail ». 

  • Des variations notables selon l’âge

Comme chaque année, on observe en 2017 que le taux d’absentéisme augmente en fonction de l’âge. Il passe de 2,21 % pour les moins de 25 ans à 7,11 % pour les plus de 56 ans suivant une progression linéaire (3,60 % pour les 31-40 ans, 4,59 % pour les 41-50 ans…). Cela s’explique, selon Ayming, par le fait que les absences des aînés sont souvent « de longue durée » car leurs facteurs d’absences sont « plus contraignants (pathologies lourdes…) ».En revanche – et ce n’est pas contradictoire – l’étude établit que, dans chaque catégorie d’âge, « l’absentéisme diminue avec l’ancienneté ». Par exemple, dans la tranche des 51-55 ans, un salarié ayant moins d’un an d’ancienneté aura un taux d’absentéisme de 6,63 %, tandis qu’un autre ayant plus de 20 ans de présence plafonnera à 4,94 %. « Plus les salariés sont installés dans leur entreprise, plus leurs engagements professionnels et personnels sont importants, moins l’absentéisme est important », analyse Ayming. 

  • La CFE-CGC pointe les conditions de travail et la pénibilité psychique

Au-delà de ces chiffres très méticuleux, que l’on pourrait compléter avec ceux du Benchmark de l’association des DRH des grandes collectivités – qui montre que le taux d’absentéisme dans les collectivités territoriales est passé de 7,85 % en 2015 à 8,2 % en 2016 – ces résultats traduisent des problèmes de fond traités depuis longtemps par la CFE-CGC. Comme l’a récemment rappelé François Hommeril, reçu à Matignon le 31 août dernier, « il existe dans les entreprises un lien très clair entre l’absentéisme au travail, les arrêts maladie et les conditions de travail ». De son côté, Martine Keryer, secrétaire nationale en charge de la santé au travail, tire régulièrement la sonnette d’alarme sur le fait que, s’il y a « de plus en plus d’absentéisme dans les entreprises et dans la fonction publique », c’est parce que « le travail est de plus en plus pénible sur le plan psychique ». Force est de constater que la problématique de l’absentéisme est donc plus que jamais à relier à celles de l’organisation du travail et du bien-être au travail.  

  • Une mission sur la hausse des arrêts maladie

Face à la hausse du montant des indemnités journalières (IJ), une mission de réflexion sur les arrêts de travail vient d’être mise en place par le gouvernement. Celle-ci a été confiée à Jean-Luc Bérard (DRH du groupe industriel Safran depuis 2010, ex-directeur général de l’Unedic) et à Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes, énarque, ancien DG de la caisse nationale RSI et patron par intérim en 2018 de l’Asip Santé. Les propositions de MM. Bérard et Seiller sont attendues début 2019. Une telle mission vient compléter celle sur la santé au travail, lancée fin 2017 par les ministres Agnès Buzyn et Muriel Pénicaud. Laquelle mission a donné lieu au rapport Lecocq (remis fin août au gouvernement) pour renforcer la prévention des risques professionnels. 

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