RGPD : le sursaut de dernière minute de la Commission européenne

Alors que le RGPD (Règlement général pour la protection des données) est sur le point d’entrer en vigueur le 25 mai 2018, la Commission européenne vient seulement de publier ses orientations. Dans un communiqué paru le 24 janvier 2018, la Commission estime qu’il est temps de mettre en lumière tout ce qui doit être mis en oeuvre pour être prêt dans quatre mois afin de faire face aux nouvelles règles relatives à la protection des données. Mieux vaut tard que jamais. 

 

L’application du RGPD pourrait être très progressive

Le communiqué de la Commission européenne est clair, il précise toutes les évolutions qui restent à mettre en oeuvre, tant au niveau européen que national, afin de faire en sorte que le RGPD soit appliqué correctement. A cent jours de l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données, la parution de telles orientations semble indiquer que l’application ne sera pas immédiate entre le 24 mai et le 25 mai 2018. Une marge de progression et des seuils de tolérance devraient être instaurés. 

En effet, la Commission reste très conciliante dans ses orientations : elle rappelle qu’il doit encore être procédé à de nombreux ajustements concernant les droits nationaux, mais aussi concernant la mise en place de l’autorité européenne de la protection des données qui regroupera toutes les autorités nationales chargées de cette mission. En France, la mise en conformité du droit national sera discutée à l’Assemblée nationale à partir du 6 février 2018 et l’examen en Commission des affaires sociales a déjà eu lieu. 

Tout le discours de la Commission européenne concernant l’entrée en vigueur du RGPD laisse entendre que la mise en conformité se fera dans la durée (sans qu’aucun délai ne soit donné) et devra faire l’objet d’accompagnements : ainsi, une nouvelle page censée regrouper toutes les informations à savoir pour se conformer au RGPD vient d’être mis en ligne. Son penchant pour les citoyens a également été créé. 

 

RGPD : les entreprises doivent-elles prendre leur temps ?

Les signaux envoyés par la Commission européenne ne signifient pas pour autant que les entreprises françaises auront un délai supplémentaire pour s’adapter au RGPD. En effet, cela fait plusieurs semaines que la CNIL a publié son propre guide, ses propres outils et ses recommandations pour faciliter l’adaptation des acteurs effectuant des traitements de données à caractère personnel. 

Toutefois, on peut légitimement supposer que la CNIL lancera dans un premier temps des rappels, avant de procéder à la délivrance de véritables sanctions dont la sévérité a, soulignons-le, été revue à la hausse. Le contexte français reste cependant à stabiliser. Les entreprises établies en France devraient tout faire pour être conformes au RGPD avant le 25 mai 2018, mais nous ne sommes pas à l’abri de dispositions à venir, propres au droit national, dans la nouvelle version de la loi relative à l’informatique et aux libertés qui devrait être votée d’ici le 8 février 2018. 

Il est donc fortement conseillé de procéder par étapes et, par une politique interne de protection des données, de prouver la bonne foi de l’entreprise. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

You May Also Like

Pierre Ricordeau assure la présidence par intérim du HCFIPS

Le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS) est orphelin de son président depuis la mort de Dominique Libault au début du mois d'août 2026. Un arrêté ministériel vient de nommer Pierre Ricordeau à la vice-présidence du HCFIPS avec pour mission d'assurer la présidence par...
Lire plus

Rapport AMO/AMC : ces 3 recommandations à bien garder en mémoire

La publication du rapport consacré à l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et l'assurance maladie complémentaire (AMC) a fait les gros titres pour ses propositions qui répondent globalement aux attentes des organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM). Le document ne propose pas vraiment de révolution : le système de protection sociale resterait...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord collectif départemental des exploitations et entreprises agricoles du Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 32 du 7 mai 2025 relatif à la la revalorisation des salaires minimaux et la mise à jour des grilles de rémunérations territoriales applicables aux salariés des exploitations et entreprises agricoles du département du Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant complémentaire frais de santé et prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 5 du 3 juillet 2026 à l'accord départemental instituant une assurance complémentaire frais de santé et un régime de prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant dans la production agricole et CUMA de Nouvelle-Aquitaine

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 1 du 23 juin 2026 à un accord collectif concernant l'instauration d'une cotisation patronale destinée à financer un fonds mutualiste dans le cadre de l'inaptitude professionnelle du salarié dans les branches production agricole-coopératives d'utilisation de...

Avis d’extension d’un accord interdépartemental sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’accord interdépartemental Allier, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Puy-de-Dôme du 10 juin 2026 sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture IDCC...