Protocole sanitaire : la CFE-CGC regrette le manque de confiance accordé au terrain

Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat de salariés CFE-CGC.

A vos masques, prêts, portez ! Alors que le gouvernement impose le port du masque dans les entreprises, la CFE-CGC aurait souhaité qu’on fasse davantage confiance au terrain et aux salariés de l’encadrement. 

Le « protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de covid-19 » a été publié le 31 août au soir sur le site du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, pour application immédiate dès le lendemain matin, mardi 1er septembre. Son contenu est débriefé sur tous les médias : port du masque grand public systématique au sein des entreprises dans les lieux collectifs clos, associé au respect des mesures barrières (distance physique, hygiène des mains, nettoyage, ventilation et aération des locaux, gestion des flux de personnes).La règle du port du masque souffre très peu d’exceptions qui varient en fonction de la situation géographique de l’entreprise, selon que celle-ci se trouve dans l’une des zones « vertes », « oranges » ou « rouges » qui correspondent aux différentes incidences de circulation du virus en France. La procédure diffère aussi selon que le salarié se trouve dans un bureau individuel, dans un atelier, en extérieur, dans un véhicule ou dans un lieu recevant du public. Dans tous les cas, la possibilité de retirer son masque « à certains moments dans la journée » ne peut être que « temporaire » et soumise à conditions.FRANÇOIS HOMMERIL : « RESPONSABILISER ET FAIRE CONFIANCE AUX ACTEURS DE TERRAIN »La CFE-CGC, par la voix de son président et de son secrétaire général, a déjà apporté plusieurs commentaires critiques à ce protocole uniformément et unilatéralement imposé. Président confédéral, François Hommeril, sur LCI le 31 août, a estimé que le gouvernement prenait les partenaires sociaux et les entreprises « pour des enfants » et qu’il ne « respectait pas la capacité des partenaires à interpréter les mesures ». Il a rappelé qu’il aurait été plus malin et plus efficace de « responsabiliser et de faire confiance aux acteurs de terrain » pour mettre en place des mesures de protection avec davantage de discernement. D’autant que « les questions de protection individuelle des salariés sont bien connues des entreprises », a rappelé François Hommeril. Dans l’industrie, le BTP, la restauration, le nucléaire, on sait depuis longtemps mettre en place au cas par cas des garde-fous, des chaussures de protection, des casques, etc.CONCILIER SÉCURITÉ SANITAIRE ET ACTIVITÉ ÉCONOMIQUEDans une tribune parue le 31 août, Gérard Mardiné, secrétaire général de la CFE-CGC, a rappelé de son côté que « les salariés de l’encadrement sont en première ligne pour définir et mettre en œuvre au sein des entreprises et des administrations les adaptations d’organisation permettant de concilier la sécurité sanitaire des salariés et une dégradation la plus limitée possible de poursuite de l’activité économique ». Plutôt que d’être obligés d’appliquer un protocole national imposé par Paris, « ils s’appuient sur leur connaissance fine de leur environnement de travail et de ses spécificités pour définir les meilleurs compromis ». Ou plutôt, ils auraient pu s’appuyer sur de tels acquis si le gouvernement avait compris qu’un « dialogue social constructif dans les entreprises était le mieux à même de définir les mesures sanitaires pertinentes », ajoute encore Gérard Mardiné. « La CFE-CGC, conclut-il, appelle donc le gouvernement à laisser une large place à des adaptations de bon sens à cette règle générale. » 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

You May Also Like
Lire plus

Assureurs : un premier semestre 2026 porté par l’assurance-vie, sous les effets du climat

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) vient de livrer son panorama du premier semestre 2026. Le marché français de l’assurance y apparaît solide avec une collecte record en assurance-vie et une solvabilité renforcée. Mais deux signaux méritent qu’on s’y arrête : la facture climatique qui enfle et le décrochage des bancassureurs. ...

Les salaires évoluent dans la CCN de la production des eaux embouteillées

Un accord paru au BOCC remplace le précédent accord salarial dans la CCN des activités de production des eaux embouteillées (IDCC 1513). Il a été signé le 17 septembre par les organisations patronales MEMN, SBSA, SNBI et ABF ; ainsi que par les syndicats de salariés CFE-CGC agro, CFDT AGRI AGRO et FGTA-FO. Le texte met à jour les salaires minima conventionnels garantis pour un...