Retraites : discussions à l’AGIRC-ARRCO et réforme Macron

Alors que la réforme des retraites actuellement élaborée par le gouvernement fait aujourd’hui encore parler d’elle – notamment au sujet de l’âge de départ qu’elle mettra en oeuvre – les partenaires sociaux se retrouvent afin de réévaluer, sur la période portant jusqu’en 2022, certaines règles importantes qui régissent les régimes AGIRC-ARRCO.

 

Un tour d’horizon de l’actualité du jour en matière de retraites s’avère ainsi nécessaire. 

Quelle revalorisation pour les retraites complémentaires ?

Réunis dans les locaux de l’AGIRC-ARRCO, les partenaires sociaux doivent, si l’on en croit Capital, se pencher sur plusieurs problèmes importants. En particulier, ils doivent établir une nouvelle règle de revalorisation des retraites complémentaires. Ils s’orienteraient vers une forme d’indexation sur les salaires, mais assortie d’une « coefficient minorant », dit de « soutenabilité ». Il pourrait être fixé à 1,165 – la revalorisaiton annuelle des pensions correspondrait alors au taux d’évolution des salaires moins 1,165 point. La revalorisation ainsi définie ne pourrait être inférieure à l’inflation. 

Hélas pour les salariés, aucun « coefficient minorant » ne serait en revanche en passe d’être mis en oeuvre pour ce qui concerne la définition de la valeur d’achat du point. Son évolution demeurerait alors strictement liée à celle des salaires. 

Enfin, les partenaires sociaux doivent évoquer le sujet, potentiellement épineux, du malus de 10 % – ou 5 % dans le cas des retraités ayant de petites pensions et payant donc un taux de CSG réduit – appliqué, depuis le 1er janvier 2019, pendant trois ans aux pensions des retraités qui partent à la retraite alors qu’ils remplissent les conditions pour bénéficier d’une pension à taux plein. Si les syndicats entendent profiter du contexte politique et social actuel afin de revenir sur cette disposition de l’accord AGIRC-ARRCO de 2015, le patronat ne l’entend pas du tout de cette oreille. 

Age de la retraite et réversion

Parallèlement à ces débats paritaires sur les retraites complémentaires, la réforme des retraites voulue par le Président de la République nourrit, aujourd’hui encore, quelques commentaires dans l’espace public. 

En premier lieu, interrogée ce matin même sur Europe 1, Agnès Buzyn a tenu à se montrer particulièrement alarmiste sur la situation de la France au regard de la retraite. « C’est un mur qui est devant nous » a-t-elle en effet affirmé, au sujet notamment de l’augmentation de la proportion des personnes âgées dans la population française. « Est-ce qu’on pourra décemment rester à la retraite pendant des dizaines d’années, lorsque le nombre d’actifs va diminuer ? » s’est-elle interrogée, apportant un début de réponse pour le moins énigmatique à cette question : « travailler plus longtemps ne veut pas forcément dire reculer l’âge de la retraite ». 

S’il est probable que la question de l’âge du départ à la retraite devrait encore beaucoup faire parler d’elle dans les prochaines semaines, les règles relatives à la future organisation de la réversion pourraient en revanche passer plus inaperçues. Elles ne sont pourtant pas nécessairement très favorables aux salariés et aux retraités. D’après la CGT, Jean-Paul Delevoye préparerait les esprits à un durcissement des conditions de la réversion. Alors qu’aujourd’hui, l’accès à une pension de réversion peut avoir lieu dès 55 ans, à l’avenir cette situation devrait évoluer : il faudrait être âgé de 62 ans au moins et être retraité afin de pouvoir y prétendre. En marche vers le progrès social, en somme ! 

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