La CGT s’inquiète du sort réservé aux retraites

Cet article a été rédigé pour le site du syndicat de salariés CGT

 

Le 17 mai, la CGT a abordé avec le haut-commissaire aux retraites, M. Delevoye, les questions relatives aux dispositifs de solidarité (chômage, maladie, invalidité) actuellement inclus dans le système de retraite. 

Pour la CGT, il faut impérativement renforcer les droits à retraite de ceux qui sont touchés par le chômage et la précarité, la maladie ou l’invalidité ainsi qu’harmoniser vers le haut les minima de pension. 

La rencontre a porté sur les problèmes que posent une éventuelle transition des dispositifs d’un système majoritairement par annuités à un système dit universel par points. 

Or les trimestres assimilés des régimes de base, dans le privé par exemple, permettent d’atteindre la durée d’assurance requise et permettent des départs en retraite plus tôt et sans décote. Ils atténuent les inégalités persistantes au travail. 

Sortir la solidarité de la retraite c’est plonger des dizaines de milliers de salariés en particulier les femmes, dans la misère. 

Le haut-commissariat découvre peut-être que quand on veut, comme E. Macron, passer d’un système de retraite par annuités à un autre par points, ce n’est pas simple. 

Il n’est pas juste nécessaire de prévoir la transcription des trimestres validés en nombre de points. 

Le caractère plus étroitement contributif d’un système uniquement par points conduit à des besoins supplémentaires en volume des dépenses de solidarité. 

Changer de système c’est difficile et c’est risqué ! 

C’est encore plus vrai pour les minima de pension. 

Ainsi, un trimestre acquis pour un salaire de 40% du SMIC (150 heures de SMIC), et le calcul sur les meilleures années dans le privé permet d’éliminer de nombreuses périodes de précarité et donc d’élever le niveau des retraites de la sécurité sociale des salariés ayant connu le plus de difficultés. 

Les montants consacrés à la solidarité doivent être prévus, ce qui n’est pas automatique dans un régime à points. 

Par ailleurs, dans le privé toujours le minimum contributif (688 €) est très inférieur au seuil de pauvreté (1015 € en 2017). La CGT revendique une pension minimum au SMIC net pour une carrière complète. 

Or tous les partisans d’une retraite à points expliquent que les dépenses de solidarité ne doivent pas être intégrées à la cotisation. Le patronat exige sans doute encore une baisse des cotisations employeur pour la retraite et plus largement la protection sociale. 

L’absence d’objectifs sur le niveau de pension, récurrente dans les séances précédentes de concertation, et les incertitudes sur le volume des dépenses de solidarité, nous confirme, que cette réforme a pour premier objet de baisser les pensions encore plus rapidement que la baisse déjà programmée par les gouvernements précédents. 

Pour améliorer les dispositifs de solidarité des régimes et leur efficacité et leur montant, ce que la CGT revendique, il n’y a nul besoin d’une réforme systémique en points. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la FNIM parle du poids des normes prudentielles sur les mutuelles

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #4 : zoom sur les dernières grandes actus CCN santé/prévoyance

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #2 : le point sur la santé des HCR et la prévoyance des Services à la personne

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

You May Also Like

La branche de l’esthétique cosmétique s’accorde sur la parentalité

Un avenant n°41 paru au BOCC révise l’article 12 « Maladie – Maternité – Accident » de la dans la CCN de l’esthétique-cosmétique et de l’enseignement technique et professionnel lié aux métiers de l’esthétique et de la parfumerie (IDCC 3032). Le texte a été signé le 25 novembre 2025 par les organisations d’employeurs CNAIB-SPA, FIEPPEC et UPB ; ainsi...

Les salaires 2026 sont publiés pour les ETAM du bâtiment dans la région Bourgogne-Franche-Comté

Un accord paritaire relatif aux salaires dans la région Bourgogne-Franche-Comté a été conclu dans la convention collective nationale des employés, techniciens et agents de maîtrise du bâtiment (IDCC 2609). Cet accord du 30 avril 2026 établit le barème des salaires mensuels minimaux des ETAM du Bâtiment de la région Bourgogne-Franche-Comté pour un horaire collectif de...

La CCN des entreprises du commerce à distance et du e-commerce change de champ d’application

Un accord de branche paru au BOCC de cet été modifie le champ d'application de la CCN des entreprises de vente à distance et du e-commerce (IDCC 2198). Il a été signé le 6 mai 2026 par l’UPECAD (Union Professionnelle des Entreprises du Commerce à Distance) ; ainsi que par les syndicats de salariés USN E-commerce CFE-CGC, le Syndicat National de l’Encadrement du...

La branche des centres de lutte contre le cancer revient sur la formation et le développement des compétences

Un avenant n°2026-06 paru au BOCC met à jour l'accord sur la formation et le développement des compétences dans la CCN des centres de lutte contre le cancer CLCC du 1er janvier 1999 (IDCC 2046) Il a été signé le 29 mai 2026 par la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer et les syndicats de salariés CGT-FO, CFE-CGC et UNSA. ...