Un congrès sous les bombes pour les commerciaux rebelles de la CFDT

Malgré la tentative de dernière minute de la direction confédérale de la CFDT de l’en empêcher, le congrès du remuant SCID-CFDT a finalement eu lieu vendredi dernier. Pour le responsable du SCID, Alexandre Torgomian, ce congrès est un succès, qui vient confirmer la légitimité de sa démarche. 

L’échec de l’initiative confédérale

Le dernier congrès du SCID-CFDT a bien failli ne pas avoir lieu. En effet, le jeudi 5 novembre, soit la veille de sa tenue, les organisateurs ont reçu une assignation de leur confédération, destinée à empêcher la réunion. « La direction confédérale était pourtant au courant de la date de notre congrès depuis septembre », assure Alexandre Torgomian, qui poursuit : « Ils ont volontairement agi au dernier moment afin de nous prendre de court ». A ce petit jeu, la CFDT a pourtant perdu, car la magistrate a estimé qu’il lui était impossible de statuer dans des délais si courts. L’affaire a donc été renvoyée au 26 novembre et le congrès du SCID a finalement pu se tenir. 

« Ca a été une grande réussite », se félicite le responsable du syndicat : « Plus de la moitié des adhérents s’est présentée au congrès. C’est un chiffre très important, qui est rarement observé ailleurs ! » Le turbulent syndicaliste en profite pour donner une leçon politique à la direction confédérale : « Quand on respecte la démocratie interne, les adhérents sont toujours volontaires. La confédération a beaucoup trop tendance à oublier qu’elle ne tient sa légitimité que des syndicats de base, c’est-à-dire des adhérents ! Les confédéraux ne sont pas nos patrons, ni nos pères. Ils sont là pour nous servir. » Une réponse… de la bergère au Berger, une fois n’est pas coutume ! 

Un congrès de conquête ?

La principale décision qui a été prise lors du congrès du SCID-CFDT a consisté en un changement de nom du syndicat. Jusqu’à présent, l’acronyme signifiait syndicat du commerce inter-départemental et son périmètre se limitait à l’Île-de-France. Désormais, le SCID désigne le syndicat du commerce indépendant et démocratique. Un doublé pavé dans la mare cédétiste. D’une part puisque le SCID nouvelle cuvée s’adresse à tous les salariés français du commerce. D’autre part parce qu’il est difficile de ne pas voir dans le « D » du SCID une volonté de se réapproprier le « D » de la CFDT – « D » qu’autrefois, la confédération semblait mettre plus volontiers en avant. 

Le responsable du SCID-CFDT ne se fait guère d’illusions sur la réaction confédérale au congrès qui vient de se tenir : « Ils vont tenter d’annuler le congrès pour se débarrasser plus généralement du syndicat. » Toutefois, il assure que cette tentative risque fort d’échouer : « Pour obtenir une telle annulation, il faut un motif solide. Or, ils ne l’ont pas ! » La direction confédérale pourrait alors être tentée de désaffilier le SCID mais cette stratégie de la terre brûlée serait très coûteuse : « S’ils nous désaffilient, on embarque les adhérents et la CFDT ne serait donc plus représentative dans certaines branches, comme celle des grands magasins » prévient M. Torgomian. 

En bref : le feuilleton CFDT contre SCID-CFDT n’en a pas fini de faire couler de l’encre. 

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