RGPD : la 1ère amende nous vient du Portugal

Le Règlement général relatif à la protection des données, RGPD, est en vigueur depuis le 25 mai 2018 : la 1ère amende liée à son application a récemment été prononcée au Portugal. Cette décision, relayée par la presse spécialisée, vient sanctionner les manquements d’un hôpital, le centre hospitalier de Barreiro-Montijo.

 

Il s’agit de la 1ère amende infligée par une autorité nationale en utilisant les nouvelles dispositions prévues par le RGPD. L’équivalent de la CNIL au Portugal (le CNPD) a été rendue après un contrôle sur place qui a eu lieu après une alerte envoyée par l’ordre des médecins. 

 

400 000€ d’amende pour 3 violations du RGPD

L’autorité nationale qui a contrôlé l’hôpital a soulevé 3 infractions au Règlement général. 

En effet, plusieurs personnels administratifs de l’hôpital disposaient d’accès à des données qui auraient dû être strictement réservés aux médecins. Or, les accès aux données doivent être cloisonnés et seules les personnes dûment habilitées devraient disposer d’un accès, notamment aux données sensibles. 

Dans un deuxième temps, l’autorité portugaise a remarqué que seulement 296 médecins travaillent à l’hôpital, pourtant elle a souligné que 985 médecins pouvaient accéder aux dossiers médicaux des patients : les médecins vacataires, même ceux qui n’exercent plus, avaient donc toujours accès aux données sensibles malgré la rupture des liens avec l’hôpital. 

Enfin, le contrôle sur place a donné lieu à la création d’un compte d’utilisateur de test sur le système informatique de l’hôpital. Or, avec ce simple compte, le personnel du régulateur portugais a pu accéder à des données sensibles tels que les dossiers médicaux des patients. Cela démontre l’absence totale de maîtrise des habilitations en fonction des profils créés. 

La direction de l’hôpital aurait mis en avant plusieurs arguments pour justifier de ces différentes anomalies dans sa politique de protection des données personnelles. Ainsi, elle aurait indiqué que c’est le ministère de la santé qui gère les habilitations pour accéder aux données. Elle aurait également précisé que l’hôpital ne dispose pas d’outils informatiques suffisamment développés pour assurer la bonne gestion des données personnelles. 

Mais l’autorité nationale de régulation ne s’est pas laissé convaincre. 3 violations du RGPD ont donc été retenues à l’encontre du centre hospitalier : la violation des principes d’intégrité et de confidentialité des données, la violation du principe de limitation d’accès aux données, puis l’incapacité pour le responsable du traitement des données à garantir l’intégrité des données. Pour l’ensemble de ces violations, l’hôpital devra payer une amende de 400 000€. 

Ce montant peut sembler clément en comparaison avec les plafonds de 10 millions d’euros et 20 millions d’euros prévus par le RGPD. Rappelons toutefois que le centre hospitalier a la faculté de faire appel de cette décision. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

You May Also Like

Avis relatif à l’extension d’un accord départemental (Ain) chez les ouvriers du bâtiment

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 13 mars 2026, les dispositions de l'accord départemental (Ain) du 21 janvier 2026 relatif aux indemnités de petits déplacements IPD, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées par le décret du 1er mars 1962 modifié (c’est-à-dire occupant...

Avis d’extension d’un accord et d’un avenant dans les transports routiers et activités auxiliaires du transport

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 13 mars 2026, les dispositions de l'accord du 21 janvier 2026 relatif à la valorisation conventionnelle de la détention de la certification compagnon déménageur et de l'avenant n° 24 du 21 janvier 2026 relatif à aux rémunérations conventionnelles dans les entreprises de transport de déménagement, conclus dans le cadre de la convention collective nationale des...
Lire plus

Les 2 nouveaux ingrédients santé-prévoyance de la confiserie-biscuiterie

Le secteur des détaillants et détaillants-fabricants de la confiserie, chocolaterie, biscuiterie (IDCC 1286) propose des régimes santé et prévoyance à ses plus de 2400 entreprises et 13 600 salariés. Les organismes assureurs qui proposent des contrats dans cette convention collective nationale (CCN) doivent tenir compte des dernières évolutions décidées à la fin de l'année 2025. ...

Le DES grand absent du rapport annuel du médiateur de la FIPS

Dans son dernier rapport annuel d'activité, le médiateur de la protection sociale (rattaché à la FIPS, ex-CTIP), fait le point sur les thèmes abordés dans les demandes de médiation. C'est l'occasion pour le médiateur de rappeler sa doctrine que les institutions de prévoyance sont invitées à suivre en cas de litige avec leurs assurés. Mais on remarque un grand...