Alors que la dernière réforme du système de retraite est toujours combattue par certains, une étude du service statistiques du ministère de la santé (la Drees) évoque ni plus ni moins qu’une nouvelle réforme. L’étude met en lumière le fait que les possibilités de départ anticipé à la retraite à taux plein ont creusé les inégalités de durée de retraite en France. Oui, nous parlons bien des cas d’abaissement de l’âge de départ à taux plein, fixé à l’origine à 65 ans. Les auteurs de l’étude rappellent la multiplication des dispositifs permettant un départ anticipé à taux plein dès les années 1970. Cette faculté a été pensée pour cibler prioritairement les travailleurs censés avoir une moindre espérance de vie (car ayant commencé à travailler jeunes ou ayant des métiers physiquement usants). Avec le recul des années, la Drees tente de comprendre, par une approche comptable, si ces départs anticipés à taux plein ont vraiment permis aux personnes concernées d’avoir une retraite au moins aussi longue que les personnes parties à l’âge légal. Nous allons voir que les résultats de ces réformes ont été bien plus larges que prévu, aboutissant à des inégalités flagrantes de durée de retraite.

Pour réaliser l’étude, les membres de la Drees ont observé la situation des générations nées en 1950 ou avant. Ces générations sont parties en retraite avant la réforme de 2010 qui a relevé à 62 ans (au lieu de 60 ans) l’âge minimal d’ouverture des droits à la retraite. Elles ont bénéficié de plusieurs réformes qui ont élargi les possibilités de départ anticipé en retraite à taux plein.
L’objectif de ces réformes était clair. Il s’agissait de permettre aux personnes ayant objectivement une espérance de vie plus faible de partir à la retraite plus tôt. Ces travailleurs devaient ainsi pouvoir bénéficier d’une durée de retraite équivalente à celle des travailleurs censés avoir une espérance de vie plus longue.