Retards de paiement : les entreprises du BTP ne seraient pas si vertueuses

La barre symbolique des 11 jours a enfin été atteinte en France. C’est ce qu’affirme le cabinet Altares dans son rapport sur les délais de paiement du premier et deuxième trimestre 2017, rendu public en septembre 2017. Parmi les bons élèves, on trouve le secteur du BTP. Mais attention, les fédérations dénoncent aussi des pratiques qui pourraient biaiser ces résultats. 

 

Thierry Millon, Directeur des études d’Altares ne cache pas sa surprise à l’évocation des résultats de l’étude de son cabinet.  » Inenvisageable durant le long tunnel de crise, inespéré il y a seulement deux ans lorsqu’ils approchaient 14 jours, le défi de ramener les retards de paiement sous le seuil des 11 jours serait-il enfin gagné ? » 

Le BTP, un champion de France contesté

Au palmarès des entreprises qui respectent le plus les délais de paiement, on retrouve le secteur de la construction avec en moyenne un retard de paiement de moins de 8 jours au deuxième semestre de l’année 2017. Un chiffre en progression puisqu’au premier trimestre, il était à plus de 8 jours. Il faut d’ailleurs noter près de 60% des entreprises de ce secteur n’accusent aucun retard. 

Evidemment, cette nouvelle était trop belle pour être vraie. L’observatoire des délais de paiement pointe du doigt la « mise en place de pratiques pouvant occasionner des délais cachés ». Les fédérations professionnelles du BTP dénoncent régulièrement la mise en oeuvre abusive de la retenue de garantie. En clair, certaines entreprises retiennent plus que le plafond légal autorisé ou ne respectent pas les formalités procédurales prévues par la loi. 

 

Un retard important au niveau européen

Là où le bât blesse, c’est que la France n’est même pas sur le podium européen. Souvent citée en exemple dans quelque domaine que ce soit, l’Allemagne fait office de référence puisque près de 65% de ses entreprises paient sans retard. Suivie des Pays-Bas et de l’Espagne. 

 » Réglementation, prévention, mais aussi sanctions ont été essentielles pour accélérer l’encaissement des factures, explique Thierry Millon. Mais plus encore, c’est la prise de conscience du danger que fait peser le non-respect des délais de règlement sur le développement des entreprises qui sera la clé du changement durable des comportements de paiement ». Si le retard de paiement est monnaie-courante en Europe, il conduit chaque année à la faillite plusieurs centaines de milliers d’entreprises. A partir de 30 jours, ce risque est multiplié par 6. Et à partir de 69 jours, il est 11 fois plus fort. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

You May Also Like

Pierre Ricordeau assure la présidence par intérim du HCFIPS

Le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS) est orphelin de son président depuis la mort de Dominique Libault au début du mois d'août 2026. Un arrêté ministériel vient de nommer Pierre Ricordeau à la vice-présidence du HCFIPS avec pour mission d'assurer la présidence par...
Lire plus

Rapport AMO/AMC : ces 3 recommandations à bien garder en mémoire

La publication du rapport consacré à l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et l'assurance maladie complémentaire (AMC) a fait les gros titres pour ses propositions qui répondent globalement aux attentes des organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM). Le document ne propose pas vraiment de révolution : le système de protection sociale resterait...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord collectif départemental des exploitations et entreprises agricoles du Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 32 du 7 mai 2025 relatif à la la revalorisation des salaires minimaux et la mise à jour des grilles de rémunérations territoriales applicables aux salariés des exploitations et entreprises agricoles du département du Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant complémentaire frais de santé et prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 5 du 3 juillet 2026 à l'accord départemental instituant une assurance complémentaire frais de santé et un régime de prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant dans la production agricole et CUMA de Nouvelle-Aquitaine

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 1 du 23 juin 2026 à un accord collectif concernant l'instauration d'une cotisation patronale destinée à financer un fonds mutualiste dans le cadre de l'inaptitude professionnelle du salarié dans les branches production agricole-coopératives d'utilisation de...

Avis d’extension d’un accord interdépartemental sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’accord interdépartemental Allier, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Puy-de-Dôme du 10 juin 2026 sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture IDCC...