Réforme du marché du travail: les partenaires sociaux font de la résistance

Les partenaires sociaux se sont réunis au MEDEF hier soir pour fixer leur agenda social 2015. Face à leur immobilisme, le Premier Ministre Valls a commencé à taper des pieds pour manifester son mécontentement. 

Les partenaires sociaux en ont assez de réformer le marché du travail

Valls, finira-t-il, comme Nicolas Sarkozy, par dire tout le mal qu’il pense des partenaires sociaux? Cette perspective est très plausible, si l’on en juge par le manque d’inspiration des partenaires sociaux pour 2015. En dehors de la négociation sur les retraites complémentaires, aucune négociation ambitieuse ne devrait occuper l’actualité de l’année. C’est tout juste si des bilans seront tirés des accords de 2008 et de 2013 sur le marché du travail, et si des contacts auront lieu pour préparer la convention assurance-chômage de 2017. Pas de quoi fouetter un chat… 

Dans la pratique, les partenaires sociaux renoncent à négocier de nouvelles règles pour le marché du travail, alors que le chômage continue son irrésistible ascension et que les destructions d’emplois vont bon train. Si certains avaient encore l’illusion que le dialogue social interprofessionnel n’était pas conçu pour défendre les intérêts des « insiders » face aux demandeurs d’emploi, leurs doute ssont définitivement dissipés aujourd’hui. 

Les partenaires européens vont maintenir leur pression pour des réformes en profondeur

Cette affaire ne fait évidemment pas du tout le beurre du gouvernement, qui cherche coûte-que-coûte à accélérer les réformes pour éviter une sanction de la Commission sur les déficits français. La petite phrase prononcée vendredi par Angela Merkel sur le recours au 49-3 dans le débat sur la loi Macron en dit long sur la pression que la France subit aujourd’hui pour réformer son marché du travail. Dans la pratique, la Commission examinera fin mars les projets français de réforme pour savoir si elle accorde au gouvernement un sursis ou pas dans le retour aux déficits publics à 3% du PIB. Sans réforme d’ampleur, la France aura du mal à plaider sa cause.  

Face au refus des partenaires sociaux d’entrer sur ce terrain, le gouvernement risque de traverser un moment de tension, et Manuel Valls ne devrait pas tarder à expliquer aux corps intermédiaires qu’ils ne peuvent évidemment être tout seuls à décider ou à bloquer la décision sur des sujets sensibles. On s’en divertit par avance: après avoir dressé l’éloge de la démocratie sociale, l’actuelle majorité devrait retrouver rapidement des accents sarkoziens… 

Valls a déjà demandé une accélération du rythme

Sans tarder, Manuel Valls, qui reçoit les partenaires sociaux mercredi, a expliqué qu’il vaudrait mieux accélérer le travail. Selon des sources proches du gouvernement, il devrait demander une négociation de la convention d’assurance chômage dès cette année (ce que la CFDT a déjà refusé). Il envisagerait également, dans le projet de loi sur le travail, de permettre aux entreprises de négocier par accord les clauses substantielles du contrat de travail.  

Après l’échec de la loi Macron, on va s’amuser… 

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