Rebsamen promeut sa loi pendant la journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail

Le ministre du travail François Rebsamen n’a surtout pas manqué l’occasion de la journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail pour faire la promotion de son projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi. Dans son discours, donné en présence du directeur général du Bureau international du travail, Monsieur Guy Rider, il a confirmé son intention de faire du travail un « facteur de santé ». 

 

L’ambition affichée de François Rebsamen de promouvoir la santé dans les entreprises

François Rebsamen a débuté son discours en rappelant que la santé et la sécurité au travail des travailleurs devraient être une priorité de l’action des organisations internationales, des gouvernements nationaux, des entreprises. Sur ce point, toutes les entreprises pourraient s’accorder à dire que si la santé et la sécurité de leurs salariés est l’un des éléments essentiels de leur action, leur priorité demeure néanmoins le maintien et la survie face à la concurrence et à la crise. 

François Rebsamen a dégagé deux exigences pour promouvoir la santé et la sécurité au travail. 

D’abord il a fait émerger l’exigence morale de lutter pour un travail décent, respectueux des hommes et des femmes qui l’accomplissent. C’est une condition que Monsieur Rebsamen entend étendre à tous les pays où les conditions de travail ne sont jugées satisfaisantes pour les salariés. 

Ensuite, François Rebsamen réffirme l’exigence économique de se soucier du bien-être des salariés pour un gain de productivité. Le bien-être est ici présenté comme l’assurance que la sécurité et la bonne santé des salariés sera préservée sur leur lieu de travail. 

Pour satisfaire à la première exigence, le ministre du travail envisage la création d’un cadre international normatif qui aurait pour objectif d’harmoniser le droit du travail en incitant les pays où les conditions de travail sont les plus dégradées à améliorer leur politique dans ce domaine. 

Concernant la deuxième exigence, il est rappelé que la prévention est un élément majeur du bien-être des salariés : cela permet de créer de bonnes conditions de travail, de prévenir les accidents, et ainsi de ne pas dégrader la santé des employés. 

 

 

François Rebsamen favorable à l’évolution permante du droit français : bon ou mauvais point ?

Lors de son discours, François Rebsamen a tenu à rappeler l’engagement de la France dans le combat pour les droits fondamentaux au travail, notamment par la signature, en 2014, de la convention 187 de l’OIT relative au cadre promotionnel de la santé et de la sécurité au travail. Rappelons que cette convention est entrée en vigueur en février 2009. 

Monsieur Rebsamen a également mentionné le travail de partenariat du gouvernement français avec une multitude d’acteurs pour améliorer les dispositions relatives aux conditions de travail et ainsi coller à la réalité. L’objectif affiché est de faire du travail « un véritable facteur de santé » : est-ce à dire que des réglementations supplémentaires verront le jour dans le domaine ? Aucune précision n’est apportée par le ministre. 

La promotion de la prévention au cœur des entreprises était le 3e axe de réflexion du ministre du travail François Rebsamen. En dépit de l’action de l’inspection du travail, encore 541 accidents mortels du travail ont eu lieu en 2013 et 430 décès des suites d’une maladie professionnelle reconnue ont été recensés. C’est pourquoi l’accent a été mis sur l’action du gouvernement pour peser sur les politiques stratégiques des entreprises par de la sensibilisation ou des engagements officiels. La prévention est d’ailleurs l’un des aspects majeurs du projet de loi relatif au dialogue social. 

Enfin, une place considérable est laissée au dialogue social d’entreprise qui doit, selon François Rebsamen, comprendre la santé parmi ses principales préoccupations. Il n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que c’est l’un des objets de son projet de loi relatif au dialogue social. Une partie du discours s’est donc vue consacrée à la description du contenu du projet de loi en faveur du développement des questions liées à la santé dans les entreprises : une partie de la négociation entre partenaires sociaux devra être consacrée au thème de la santé, le CHSCT devra être présent dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés. 

 

Par ces différents développements, François Rebsamen a tenu à démontrer la volonté d’une action interne de la France en faveur de la santé et de la sécurité au travail. Il est indéniable que les adaptations aux nouvelles méthodes de travail et les évolutions face aux éventuels nouveaux risques sont nécessaires pour assurer le maintien de la santé et de la sécurité des salariés. Mais le changement régulier des normes relatives au droit du travail et à la santé au travail est souvent montré du doigt car cette instabilité législative est plutôt facteur d’insécurité et de moindre qualité de vie au travail, tant pour les salariés que pour les entreprises qui doivent régulièrement se réadapter à de nouveaux dispositifs. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la DGAFP évoque le cas "Alan" dans la fonction publique

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

You May Also Like

Ircantec : hausse programmée des taux de cotisation à partir de 2027

Un décret paru au Journal officiel fixe de nouveaux taux de cotisation pour financer le régime de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (Ircantec). La hausse prendra effet le 1er janvier 2027. En 2027 les taux passent à 2,24% pour le bénéficiaire et 3,36% pour l'employeur sur la tranche de rémunération inférieure au plafond de l'article ...

Les salaires évoluent pour les ouvriers du bâtiment dans les Hauts-de-France (-10 salariés)

Un accord régional relatif aux salaires applicables dans les Hauts-de-France a été conclu dans la CCN des ouvriers du bâtiment (jusqu’à 10 salariés IDCC 1596). Le texte a été signé le 10 juillet 2026 par la FFB Hauts de France, Fédération SCOP-BTP Hauts de France et Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment Hauts de France ; ainsi...