La médecine naturelle est aujourd’hui conçue comme un « gadget » par les assureurs, une sorte de service rendu à des assurés en mal d’exotisme ou d’originalité. Ce sentiment de frivolité est nourri par le désordre relatif qui existe dans certaines disciplines où se rencontrent autant de charlatans que de praticiens doués. Pourtant, la demande des assurés excède largement la simple tocade, et la médecine naturelle bien pratiquée peut devenir un puissant outil de prévention. De ce point de vue, les assureurs ont intérêt à structurer leur approche du domaine pour dégager un véritable retour sur investissement dans ces pratiques mal connues.
Aucun assureur santé n’a pu échapper à la demande des assurés en matière de médecine naturelle. Pour beaucoup d’acteurs, cette demande relève à la fois du gadget et du marketing. Les assureurs sont en effet souvent bien nés et élevés dans les bonnes écoles de la République où ces pratiques traditionnelles, volontiers combattues par les allopathes, ne sont pas prises au sérieux. C’est une spécificité française: dans le monde germanique, les Heilpraktiker ont pignon sur rue. En Suisse, leurs prescriptions sont même remboursées par le régime obligatoire.