Les mécanismes d’évitement fiscal : leurs impacts selon la CFDT

Cet article provient du site du syndicat CFDT.

 

L’évitement fiscal a un impact majeur sur les finances publiques, l’économie du pays et la cohésion sociale. Pour la France c’est au bas mot plus de 60Md€ non perçus. Dans une économie globalisée, l’évitement fiscal fausse la concurrence entre entreprises, est potentiellement destructeur d’emplois, et entretient auprès du public le sentiment que tous les contribuables ne participent pas à la hauteur de leurs moyens à l’impôt. Ce sentiment est destructeur du lien social et ouvre la voie aux dérives populistes.  

L’évitement fiscal comprend l’utilisation de mécanismes « illégaux », explicitement interdits par la loi (fraude fiscale, abus de droit, actes anormaux de gestion) et l’utilisation de mécanismes légaux de façon excessive et/ou abusive potentiellement dommageables et contraire à l’intérêt général. Ne rentre donc pas dans cette définition l’utilisation d’incitations fiscales permettant de baisser le montant de son imposition. 

L’essentiel des préconisations de l’avis porte sur la responsabilisation des auteurs et intermédiaires, sur la coordination de l’action des Etats, et sur le rapprochement des fiscalités en Europe. Parmi ces préconisations la CFDT appuie plus particulièrement les orientations suivantes :Le soutien à BEPS (Base Erosion and Profit Shifting) dont l’objet, international et national, est de lutter contre l’érosion de la base d’imposition et contre le transfert des bénéfices vers des pays à fiscalité « privilégiée ». Il faut se doter de règles claires et communes permettant la taxation des profits là où ils sont générés. 

Le soutien au projet ACCIS – Assiette Commune Consolidée pour l’Impôt des Sociétés – tel que présenté par la Commission européenne en octobre 2016 – en y ajoutant l’établissement de fourchettes de taux minimum et maximum, comme c’est déjà le cas en matière de TVA. La Confédération Européenne des Syndicats revendique une base de 25%. 

Les grandes entreprises devront fournir un reporting pays par pays de leur activité, chiffres d’affaires, résultats aux administrations fiscales. L’avis, prenant acte de l’absence de consensus sur le caractère public de ces informations, préconise qu’elles soient accessibles aux Instances Représentatives du Personnel (IRP) dans le cadre de procédures d’informations ou consultation. Dans le même ordre d’idée, l’avis préconise d’inclure un volet fiscal dans l’obligation de reporting financier des entreprises et d’en faire une des composantes de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). 

La protection des lanceurs d’alerte : le Cese préconise que les instances représentatives du personnel puissent aussi jouer un rôle dans le recueil de l’alerte effectué par un salarié.Les moyens de l’administration fiscale : pas de réussite dans la lutte contre l’évitement sans moyens et sans . maintien d’un service de proximité, d’accueil et de conseil pour les contribuables. 

Enfin, concernant les sanctions pénales : la notion d’abus de droit – nécessaire à certaines poursuites – doit évoluer. Pour la CFDT il faudra également s’assurer de la visibilité et de la crédibilité de l’éventail des sanctions pénales. Se pose également la question – débattue mais non tranchée -d’une plus grande possibilité pour la justice de se saisir de dossiers fiscaux. 

La mise en œuvre de ces préconisations aurait un effet réel sur les pratiques d’évitement fiscal et, par conséquences, impacteraient le consentement à l’impôt et améliorerait la cohésion sociale. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

You May Also Like

Le ticket modérateur augmente sur les honoraires des dentistes

Le décret consacré à la hausse du ticket modérateur (TM) sur les honoraires des chirurgiens-dentistes vient de paraître au Journal officiel. Le texte daté du 21 août 2026 a été diffusé le lendemain. Il augmente, à partir du 1er janvier 2027, le TM de 15 points de pourcentage sur les honoraires. Ainsi la part restant à la charge des complémentaire santé sera fixée à 50% ou 60% de la base de remboursement de la sécurité sociale contre 35% ou 45% auparavant. ...

La sécurité sociale se désengage du remboursement de certains médicaments

L'un des décrets consacrés au transfert de charges vers les complémentaires santé porte sur les médicaments. Daté du 21 août 2026, il est paru le lendemain au Journal officiel. Le décret précise que les médicaments à service médical rendu modéré et les allergènes préparés pour une personne spécifique voient leur ticket modérateur (TM) passer à 85% ou 95% selon les cas. Puis le TM pour les médicaments à service médical rendu faible et l'homéopathie augmente...

La hausse du ticket modérateur sur les dispositifs médicaux est actée

Un décret pris le 21 août 2026 et publié le lendemain au Journal officiel prévoit l'augmentation du ticket modérateur (TM) sur les dispositifs médicaux. Le nouveau TM augmente sur les dispositifs médicaux pour atteindre 50% ou 60% selon les cas. Cette hausse s'appliquera le 1er janvier 2027. Le décret complet est disponible ici. ...

Le ticket modérateur augmente sur le transport sanitaire

Un décret daté du 21 août 2026 est paru au Journal officiel du 22 août 2026 pour augmenter le ticket modérateur (TM) sur le transport sanitaire. Cette hausse interviendra le 1er janvier 2027 et sera de 5 points de pourcentage. Ainsi le TM sera de 50% ou 60% selon les cas, contre 45% et 55% aujourd'hui. Retrouvez le décret complet en cliquant ici. ...

L’ACPR accompagne les assureurs en vue de l’arrivée du nouveau régime de proportionnalité le 30 janvier 2027

Ce communiqué a été publié par l'ACPR au cœur de l'été. Dans le cadre de la revue de Solvabilité II, un nouveau régime de proportionnalité applicable aux organismes d’assurance et de réassurance entrera en application le 30 janvier 2027. Afin de préciser le cadre et les conditions d’application de ce nouveau régime de proportionnalité, l’ACPR a publié une ...