Le CSE : un recul du dialogue social selon les élus CFDT

Cette publication a été initialement publiée sur le site du syndicat de salariés CFDT.

Que disent les élus du fonctionnement en CSE ? Près de deux ans et demi après l’ordonnance du 22 septembre 2017 qui a instauré cettenouvelle instance de représentation du personnel remplaçant les anciens CE et CHSCT, le bilan est assez sombre. 

C’est ce que révèle l’étude Ifop-Syndex présentée le 23 janvier. Menée auprès de 812 élus, elle conforte les analyses et les inquiétudes soulevées par la CFDT. Les directions sont ainsi perçues comme les grandes gagnantes de la réforme par 78 % des élus interrogés. Le passage en CSE marque pour la majorité des élus (55 %) une dégradation de la qualité du dialogue social, et « la pratique du CSE amène les élus à estimer, davantage qu’en 2018, qu’ils sont perdants dans l’exercice des IRP », pointe Catherine Allemand, du comité de direction de Syndex. En cause : la réduction des moyens alloués mais également des réunions plus longues, des ordres du jour jugés trop chargés ou des transmissions de documents trop tardives. « Avant, nous avions des réunions d’une demi-journée. Désormais, ce sont des réunions-fleuves sur des journées entières mais ni les élus ni les directions ne tiennent la distance. Les sujets qui arrivent en fin de journée sont bâclés », témoigne François Quatrevaux, élu CFDT du groupe Ramsay (qui regroupe 150 établissementsprivés de soins en France). 

 

Une exigence de formation 

La santé au travail fait clairement les frais de la réforme ; ainsi, 39 % des élus regrettent sa moins bonne prise en compte (+ 6 points par rapport à l’étude Syndex de l’an dernier). Le sujet se retrouve de plus en plus souvent « noyé » dans les réunions, explique Mariame Heduy, élue CFDT au CSE d’IBM. « Entre le CHSCT et la CSSCT, nous avons perdu notre personnalité morale qui permettait d’aller en justice, nos moyens financiers et notre possibilité de convoquer des expertises, puisque désormais nous devons passer par une demande au CSE. » Petite consolation : le rapport pointe la motivation et la détermination des élus à faire vivre le dialogue social et à « conserver des capteurs de proximité pour éviter la déconnexion entre les lieux de représentation et les lieux d’exercice du travail », selon Syndex. Mais cela suppose de répondre au besoin de formation, sur lequel tous insistent fortement. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

You May Also Like

Les nouveaux salaires 2026 pour les ETAM du bâtiment dans les Hauts-de-France

Un accord paritaire relatif aux salaires dans les Hauts-de-France a été conclu dans la convention collective nationale des employés, techniciens et agents de maîtrise du bâtiment (IDCC 2609). Cet accord du 10 juillet 2026 établit le barème des salaires mensuels minimaux des des ETAM du Bâtiment de la région des Hauts de France pour un horaire collectif de travail de 35...

Avis d’extension d’un avis de la CPPNI des personnels navigants officiers des entreprises de transport et services maritimes

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 8 octobre 2026, les dispositions de l’avis du 9 juin 2026 de la commission paritaire permanente d'interprétation des personnels navigants officiers des entreprises de transport et services maritimes, relatif à la demande d'interprétation relative aux dispositions de l'article...