Le 1er mai, symbole du déclin syndical

Les défilés du 1er mai manifesteront une fois de plus la désunion syndical et l’essoufflement d’un fait de moins en moins en prise avec la réalité. 

La rupture des syndicats avec la population active est le fruit, en France, d’un choix mûri de longue date et assumé par les organisations syndicales. L’invention, par le Conseil National de la Résistance, du « paritarisme », qui a consisté à donner d’importantes responsabilités aux organisations syndicales sans avoir à justifier d’un fort taux d’adhésion a tué le syndicalisme à petits feux. La CGT, la CFDT, FO, ont pu se développer grâce à un système de subventions automatiques où l’adhérent n’avait qu’un poids très relatif. Accessoirement, il a comblé de mandats nationaux des militants que le patronat ne voulait pas voir traîner dans les entreprises.  

Cette stratégie a permis de neutraliser durablement l’emprise syndicale sur le monde du travail. 

La montée du chômage n’a guère encouragé à une inversion de tendance. Les organisations syndicales se sont imposées comme les meilleures défenseuses des « insiders », des salariés les moins menacés par le chômage, et elles ont marginalisé le poids des revendications portées par les exclus du CDI: chômeurs, précaires, temps partiels. Pour beaucoup de Français, le syndicalisme, c’est d’abord la défense des intouchables contre les menaces d’un monde changeant, avant d’être la prise en compte des besoins exprimés par ceux qui sont les moins bien défendus. 

De ce point de vue, le poids excessif des fonctionnaires dans de nombreuses confédérations ne peut que nourrir ce sentiment d’une logique à deux vitesses. 

Le syndicalisme français est incontestablement malade. Les affaires qui ont éclaté à la CGT en ont donné un nouveau signe. Nul ne sait sur quoi sa crise débouchera. 

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