Il y a quelques mois, BI&T s’était fait l’écho des tensions qui caractérisent les relations sociales dans la branche du caoutchouc. Il faut croire que les choses ne se sont pas vraiment améliorées depuis.
La CFE-CGC, qui n’est pas vraiment le plus radical des syndicats de salariés dans le secteur, craint que le caoutchouc ne fasse partie des branches amenées à disparaître prochainement. Plus précisément, le syndicat évoque une fusion avec, « pourquoi pas », la plasturgie. En cause ? Le « retard » pris par les partenaires sociaux dans de nombreux domaines de négociation, comme les salaires ou la protection sociale. Le syndicat de l’encadrement pointe du doigt le manque de professionnalisme parmi les négociateurs. La CFE-CGC vise-t-elle le collège employeurs ou le collège salariés ? A priori, plutôt le premier, puisqu’elle se félicite du récent changement de composition de la délégation patronale, « qui redonne espoir ».
Toutefois, contacté par BI&T, un syndicat plus contestataire de la branche laisse entendre que le collège « employeurs » n’est pas le seul dans le viseur du syndicat de l’encadrement. Notre interlocuteur affirme que la disparition du caoutchouc n’est pas du tout à l’ordre du jour : « Il y a 60000 salariés dans le caoutchouc, pas 1000 ! Je n’ai jamais entendu parler d’une fusion du caoutchouc avec une autre branche ». Il est vrai que le caoutchouc ne rentre pas dans les critères fixés par la DGT pour déterminer les branches devant fusionner avec d’autres. Le responsable syndical croit en réalité pouvoir fournir une explication aux craintes formulées par la CFE-CGC : « Ils font partie de ceux qui voudraient que l’on signe tout et n’importe quoi, alors ils agitent des chiffons pour faire peur. »