Harcèlement moral au travail : l’appréciation souveraine du juge du fond

Par une décision du 8 juin 2016, la Cour de cassation s’est prononcée sur l’appréciation du harcèlement moral au travail dans le cadre d’un licenciement. 

 

Les Faits d’espèce

Le 8 décembre 2008, la requérante a été placée en arrêt de travail pour maladie pour harcèlement moral. A l’issue d’une seconde visite médicale en date du 23 mars 2009 la déclarant « apte à la reprise à condition de travailler sur un autre secteur » la requérante a été licenciée le 21 avril 2009. 

Dans une première décision du 7 janvier 2014, la cour d’appel de Nîmes, statuant sur renvoi après cassation (n° 11-28.201), n’a ni reconnu la présence d’harcèlement moral, ni établi la cause réelle et sérieuse du licenciement conduisant au versement d’une indemnité par l’employeur. 

La requérante a saisi le conseil des prud’hommes afin d’obtenir réparation du préjudice subi. 

La Cour de cassation, saisie du pourvoi, est venue répondre à la question. 

 

L’appréciation souveraine du mécanisme probatoire

Conformément à l’articleL. 1154-1 du code du travail, la charge de la preuve de harcèlement moral doit peser sur l’employeur. 

La requérante considère que le conseil des prud’hommes n’a pas vérifié si les éléments pris dans leur ensemble n’étaient pas de nature à laisser présager l’existence d’un harcèlement moral comme entendu à l’article L.1152-1 du code du travail. 

Dans sa décision du 7 juin 2014, la cour d’appel constate les éléments de nature à laisser présumer l’existence d’un harcèlement moral. Cependant, elle n’a pas recherché si l’employeur pouvait justifier objectivement les décisions prises par des éléments étrangers à toute discrimination. Elle considère donc que les éléments ne sont pas établis. 

Néanmoins, l’arrêt de la Cour de cassation retient que le juge apprécie souverainement le fait de savoir si le salarié établit des éléments qui permettent de présumer l’existence d’un harcèlement et si l’employeur prouve que les agissements invoqués sont étrangers à tout harcèlement. 

La Cour de cassation confirme la décision de la cour d’appel qui a constaté que les faits établis permettent bien de présumer l’existence d’un harcèlement moral, le juge considère que l’employeur justifie d’éléments objectifs étrangers à tout harcèlement permettant de déduire qu’aucun harcèlement moral ne peut être retenu. 

 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #10 : Le Triparator boosté à l'IA en bêta test

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

You May Also Like

Les plafonds des franchises et participations forfaitaires augmenteront bien de 40% le 1er octobre 2026

C'était annoncé depuis plusieurs semaines par le gouvernement, c'est désormais officiel : les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires vont augmenter. Le décret qui acte cette trajectoire est paru au Journal officiel. Comme prévu, cette hausse n'est "que" de 40% (contre le doublement initialement souhaité par le gouvernement). Ainsi, le nombre maximum de participations forfaitaires qui payables par les assurés passera de 25 à 35 par an dès...