FO demande le retrait de Parcoursup après des résultats inférieurs à APB

Cette publication est issue du site du syndicat de salariés FO

 

Les chiffres confirment ce que FO et cinq autres organisations syndicales et de jeunesse ont dénoncé dès le mois de juin : Parcoursup est une machine à interdire à des milliers de bacheliers de s’inscrire à l’université. 

Dix fois plus que l’an dernier. Le 29 août, près de 60 000 candidats (57 275 exactement selon les propres chiffres du ministère régulièrement actualisés et consultables sur son site Internet) inscrits sur la plateforme d’admission à l’université, Parcoursup, n’avaient reçu –aucune– proposition d’affectation. Ce chiffre était de 6 000 l’an dernier à la même époque, dans le cadre de l’ancien système APB. 

La ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal prétendait il y a encore quelques jours que le chiffre des candidats à l’entrée à l’université n’ayant reçu aucune proposition ne dépassait pas les 15 000. 

Par ici la sortie

Elle a tout simplement exclu de son calcul les candidats sans proposition d’affectation qui n’ont pas encore fait les démarches pour être accompagnéspar la commission rectorale ad hoc ou s’inscrire en phase complémentaire. Cette étape permet aux candidats, du 26 juin au 21 septembre inclus, de formuler de nouveaux vœux dans des formations… Qui ont des places disponibles. Classés en attente jusqu’au 22 juillet, ils sont désormais désignés comme inactifs sur le site du ministère, qui indique que s’ils ont d’autres projets, ils pourront quitter la procédure Parcoursup. Autrement dit : par ici la sortie !. 

Plus de 80 000 (81 624 au 29 août) candidats n’ont pas confirmé accepter définitivement la proposition d’affectation qui leur a été faite parce qu’ils ont d’autres vœux en attente, correspondant, au moins un peu mieux, à ce qu’ils voudraient réellement faire comme études. 

Au total, à quelques jours de la rentrée universitaire, ce sont près de 140 000 candidats sur les 812 048 inscrits sur Parcoursup, soit plus de 17% d’entre eux, qui n’ont aucune garantie d’avoir une place dans la formation de leur choix. 

De plus, 170 250 candidats, découragés, ont quitté la procédure. 

La vraie question : le manque de places et donc de moyens dans les universités

Pour la Fédération FO de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle (FNEC-FP FO), qui revendique le retrait de Parcoursup et de la loi qui l’a instauré (loi sur l’Orientation et la réussite des étudiants, ORE), La ministre peut dire ce qu’elle veut, les chiffres confirment que Parcoursup est une machine à interdire à des milliers de bacheliers de s’inscrire à l’université. 

Reprenant les termes de la tribune de l’inter-fédérale (FO, CGT, FSU, Solidaires, UNEF et UNL) publiée dans Le Monde en juin dernier, la FNEC-FP FO souligne que cette déclaration des cinq organisations reste d’une brûlante actualité. Après des mois de communication gouvernementale sur le libre choix des candidats, leur maîtrise des parcours, la fin du tirage au sort, tout le monde se retrouve face à la dure réalité : il n’y a pas les places suffisantes pour accueillir chacun dans une formation post bac correspondant à ses choix d’orientation, dénonçaient-elles déjà avant les vacances. 

Et elles concluaient : Nos organisations soutiennent l’ensemble des bacheliers et de leurs familles qui revendiquent le droit à la poursuite d’études dans une filière correspondant à leurs choix et à leurs aspirations. Elles affirment la nécessité d’un plan d’urgence pour l’enseignement supérieur qui mette en adéquation les places disponibles et le nombre de bacheliers et d’étudiants en demande de réorientation […] Il est urgent de garantir le droit à toutes et tous les bacheliers d’accéder à l’université : il s’agit d’un choix de société. 

Au-delà des universités, avis de rentrée agitée : FO dépose un préavis de grève pour couvrir toutes les initiatives dans l’ensemble de l’Education nationale

La situation est d’autant plus préoccupante que la réforme des conditions d’entrée à l’université est complétée par celle du baccalauréat, avec pour première conséquence sa remise en cause comme diplôme national et premier grade universitaire. 

Au-delà des universités, le climat de la rentrée est particulièrement lourd dans l’ensemble de l’Education nationale, avec notamment un budget en régression pour l’enseignement primaire et secondaire [1] et la remise en cause de l’enseignement professionnel par la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » dont la FNEC-FP FO revendique aussi le retrait. 

Cette dernière a donc déposé un préavis de grève pour la période du 31 août au 17 septembre, de façon à couvrir toutes les initiatives qui seraient prises dans les services, les lycées, les collèges, les écoles et les établissements d’enseignement supérieur afin de faire valoir les revendications relatives notamment aux conséquences des suppressions de postes, des restructurations et problèmes rencontrés lors de la rentrée scolaire. 

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