Les femmes au travail n’ont pas de chance. Alors que le patronat souhaite introduire une décote dégressive entre 62 ans et 67 ans qui pénalisera les personnes qui ne sont plus en activité au moment de leur départ en retraite, ce qui vise particulièrement les femmes non cadres (37 % seulement étaient encore en activité au moment de leur départ en retraite en 2012), le gouvernement ensevelit sans tambour ni trompette le rapport Fragonard sur une possible réforme des droits familiaux.
Faut-il s’en étonner ? Certes, c’est en application de l’accord de janvier 2014 que ce rapport[1] avait été demandé au président du Haut conseil sur la famille. Certes encore, tous les experts, notamment ceux du Conseil d’orientation des retraites qui ont auditionné Bertrand Fragonard en janvier dernier, conviennent que les modalités d’attribution de ces droits doivent être revues. Certes enfin, la direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des dépôts a jugé le sujet suffisamment important pour en faire le thème de ses deuxièmes rencontres le 10 avril à Paris. Il n’empêche, se désole en privé l’auteur du rapport, que le gouvernement n’a même pas jugé utile, d’accuser réception du rapport qui lui a été remis le 25 mars dernier, document qui a pris aussitôt le chemin du Parlement pour y être enterré. Sans fleurs ni couronnes !