Délais de contestation de l’expertise du CHSCT : les Sages renvoient EDF dans les cordes

Non, la loi travail surnommée  » Loi El-Khomri  » n’a pas fini de faire parler. Lors de son adoption le 8 août 2016, les Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) voyaient leur champ d’action s’élargir. Décision confirmée par le Conseil Constitutionnel qui s’est penché sur le cas d’EDF. 

Le 17 octobre 2016, la société EDF a assigné le cabinet Émergences devant le président du tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny aux fins de juger à titre principal que l’expertise était devenue sans objet compte tenu de l’écoulement des délais de consultation. 

L’origine du débat

En juillet 2016, la Direction des Services Partagés de la société EDF a engagé une procédure de consultation sur un projet destiné à réduire les groupes d’implantation de la direction de 30 à 10 à l’horizon 2030. Les CHSCT ont tenu plusieurs réunions avant de désigner un cabinet extérieur censé donner son avis sur le projet. Le 4 octobre, le cabinet Emergences transmet à EDF le cahier des charges avec le coût prévisionnel et le délai de son action. EDF saisi alors le tribunal de grande instance de Bobigny afin de faire annuler ce cahier des charges et imputer le coût de l’opération à Emergences. Mais le TGI déclare « irrecevable » cette demande en arguant que les délais de recours d’EDF sont largement dépassés. Le premier fournisseur d’électricité en France forme alors un pourvoi devant la Cour de Cassation, formulant par la même occasion une Question Prioritaire de Constitutionnalité.  

Ce que dit la Loi

La défense d’EDF repose donc sur une histoire de délais. En fait, la société explique être dans les délais de contestation car lors du rendu de l’avis des CHSCT, il était impossible de connaître les montants facturés par Emergences. Le Conseil constitutionnel ne conteste pas ce fait mais rappelle à EDF qu’elle a eu la possibilité de contester le montant final de l’expertise par  » une seconde voie de recours », et ce, dans les délais impartis. En ce qui concerne le deuxième grief d’EDF à savoir qu’ils n’avaient pas connaissance de la nécessité de l’expertise, du nom de l’expert, de l’étendue et du délai de l’expertise, le Conseil constitutionnel répond  » qu’en prévoyant que l’employeur dispose d’un délai de quinze jours à compter de la délibération pour contester la nécessité de l’expertise, son étendue, son délai ou l’expert désigné, le législateur n’a pas méconnu le droit à un recours juridictionnel effectif.  » 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

You May Also Like
Lire plus

Les premiers amendements « PLFSS 2027 » à connaître au Sénat

Les sénatrices et sénateurs examineront le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027) à partir du 9 novembre 2026. A cette occasion les premiers amendements commencent à être mis en ligne sur le site du Sénat et quelques-uns visent évidemment les organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM). ...
Lire plus

Assureurs : un premier semestre 2026 porté par l’assurance-vie, sous les effets du climat

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) vient de livrer son panorama du premier semestre 2026. Le marché français de l’assurance y apparaît solide avec une collecte record en assurance-vie et une solvabilité renforcée. Mais deux signaux méritent qu’on s’y arrête : la facture climatique qui enfle et le décrochage des bancassureurs. ...

Les salaires évoluent dans la CCN de la production des eaux embouteillées

Un accord paru au BOCC remplace le précédent accord salarial dans la CCN des activités de production des eaux embouteillées (IDCC 1513). Il a été signé le 17 septembre par les organisations patronales MEMN, SBSA, SNBI et ABF ; ainsi que par les syndicats de salariés CFE-CGC agro, CFDT AGRI AGRO et FGTA-FO. Le texte met à jour les salaires minima conventionnels garantis pour un...