Coronavirus : les arrêts maladie dérogatoires sont prolongés

Cette publication a été initialement publiée sur le site du syndicat de salariés CFDT.

Un décret du 27 mai 2020 est venu prolonger de 3 mois la durée de mise en œuvre des mesures visant les arrêts maladie dérogatoires liés au Covid-19. Sont ainsi concernés les salariés devant faire l’objet de mesures d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile. Que se passe-t-il précisément pour eux et quel sort est réservé aux autres arrêts dérogatoires ? Décret n° 2020-637 du 27.05.20. 

Pour faire face à la crise sanitaire, le Gouvernement a pris dès le début une série de mesures destinées à limiter la propagation du coronavirus. Au titre de ces mesures, il a notamment mis en place deux dispositifs : 

  1. les arrêts maladie dérogatoires,
  2. les arrêts de travail dérogatoires(1).

Si le décret du 27 mai dernier (2) prévoit la prolongation des arrêts maladie Covid-19, qu’en est-il des autres arrêts de travail dérogatoires ? 

  • Le régime des arrêts maladie liés au Covid-19

Depuis le mois de février, certains salariés peuvent bénéficier d’arrêts maladie dérogatoires prévus par le décret du 31 janvier 2020. Ce texte vise le salarié qui a contracté le virus ou a été au contact d’une personne atteinte du virus et qui, de ce fait, a fait l’objet d’une mesure d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile. Dans ce cas, le salarié bénéficiera d’indemnités journalières de la sécurité sociale (IJSS) au titre de cet arrêt maladie spécifique. En outre, les IJSS ne sont pas conditionnées à l’application d’un délai de carence ni à l’ancienneté du salarié

Le décret du 27 mai prévoit que ces mesures sont applicables jusqu’à 3 mois à compter de la fin de de l’état d’urgence sanitaire (laquelle est fixée au 10 juillet), c’est-à-dire, jusqu’au 10 octobre 2020.  

Il faut noter que la suspension du délai de carence pour l’arrêt maladie pour raison « Covid-19 » s’applique également à l’ensemble des arrêts maladie (secteur privé et fonction publique confondus) et ce, durant toute la durée de l’état d’urgence sanitaire, soit jusqu’au 10 juillet 2020 (3). Au-delà de cette date, il n’est pas prévu de prorogation de la suspension du délai de carence ni de l’absence de condition d’ancienneté en matière d’indemnités journalières pour les arrêts maladie « classiques ». 

  • Qu’en est-il des autres arrêts de travail dérogatoires ?

Le dispositif d’arrêts de travail dérogatoires mis en place par le Gouvernement visait plus particulièrement trois catégories de personnes : 

  1. le salarié parent en vue de garder son enfant de moins de 16 ans dont l’établissement d’accueil est fermé et lorsque le salarié est dans l’impossibilité de travailler ;
  2. le salarié parent d’un enfant en situation de handicap faisant l’objet d’une mesure d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile ;
  3. le salarié considéré comme personne vulnérable au Covid-19, ou les salariés demeurant avec cette personne vulnérable.

Alors que ces arrêts dérogatoires étaient pris en charge par l’assurance maladie avec le versement d’indemnités journalières, à compter du 1er mai 2020, ce régime a basculé dans celui de l’activité partielle (4). Ainsi, les salariés bénéficiant d’un arrêt dérogatoire du fait du Covid-19 sont, depuis cette date, placés en activité partielle par leur employeur, qui leur versera une indemnisation. 

Attention toutefois, car le Gouvernement a précisé qu’à compter du 2 juin 2020, le bénéfice de cette indemnisation est conditionné à la preuve, au moyen d’une attestation de l’établissement, que l’enfant n’est pas en mesure d’être accueilli par l’école(5) ! En revanche, pour les personnes vulnérables et les personnes résidant avec une personne vulnérable, le dispositif d’activité partielle se poursuit jusqu’au 31 décembre 2020 (6). 

 

(1) Décret n° 2020-73 du 31.01.20 portant adoption de conditions adaptées pour le bénéfice des prestations en espèces pour les personnes exposées au coronavirus. 

(2) Décret n° 2020-637 du 27.05.20 modifiant le décret n° 2020-73 du 31.0120 portant adoption de conditions adaptées pour le bénéfice des prestations en espèces pour les personnes exposées au coronavirus. 

(3) Loi n° 2020-546 du 11.05.20 prorogeant l’état d’urgence sanitaire et complétant ses dispositions. 

(4) Loi n° 2020-473 du 25.04.20 de finances rectificative pour 2020, art. 20. 

(5) https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13890 

(6) Loi n° 2020-473 du 25.04.20, art. 20. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

You May Also Like

Le chiffre d’affaires de Tutélaire bondit de 40% en 2025

Ce communiqué a été diffusé par Tutélaire. Dans un environnement économique et politique instable, Tutélaire affiche en 2025 une progression de 40 % de son chiffre d'affaires à 187,8 M€ et confirme la montée en puissance de ses activités de diversification, en particulier la réassurance et l’épargne- retraite. La mutuelle...

L’avenant n°11 à la convention entre infirmiers libéraux et assurance maladie est approuvé

Le dernier avenant signé le 31 mars 2026 pour organiser les rapports entre les infirmiers libéraux et l'assurance maladie vient de recevoir son agrément officiel. Cet avenant n° 11 a été conclu entre les représentants des infirmiers libéraux (FNI, SNIIL et CI), l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM) et l'Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie (UNOCAM). Découvrez ...
Lire plus

Lutte contre les fraudes : les députés votent la loi, les Libéraux de Santé s’inquiètent

Après l'adoption du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales en commission mixte paritaire (CMP), les députés ont à leur tour validé la version commune du texte par 335 voix pour et 182 voix contre. Ce vote du 5 mai 2026 annonce avec une quasi-certitude la prochaine adoption définitive du texte par le Sénat, malgré les oppositions toujours virulentes de certains...