Combien la fraude sociale coûte-t-elle à notre belle sécurité sociale ? On connait l’acuité de cette question largement agitée par différents esprits souvent issus de la fonction publique, pour qui la fraude s’élèverait à des dizaines de milliards et supposerait des mesures de surveillance proche de l’inquisition sociale. Problème : une grande partie de ses « fraudes » vient de la complexité des règles tissées par le législateur, que les entreprises sont incapables d’appliquer correctement. Et le résultat de cette agitation artificielle sur la fraude sera simple : l’augmentation des contrôles URSSAF dans les entreprises.
La fraude sociale est la tarte à la crème des fantasmes contemporains sur ces milliers de faux pauvres qui bénéficieraient irrégulièrement d’allocations ou de prestations de sécurité sociale, cause cachée du « trou de la Sécu ». Des esprits conservateurs ont décidé d’agiter cette grande peur (tout en dénonçant par ailleurs les populistes qu’ils accusent de vouloir jouer sur les émotions) depuis plusieurs années en annonçant des chiffres qui sont de pures constructions théoriques. Quand on entend les estimations données, on se dit d’ailleurs que l’inflation a de beaux jours devant elle : les chiffres dépassent souvent les dizaines de milliards qui seraient illégalement extorqués à notre système de sécurité sociale.