Comment l’assurance maladie contribue à la solidarité entre hauts et bas revenus ?

La DREES a publié le 22 mars 2017 une étude tendant à démontrer comment l’assurance maladie et les complémentaires santé contribuent à la solidarité entre hauts et bas revenus. 

Selon la DREES, la solidarité assurée par un système d’assurance maladie provient des transferts qu’il opère entre individus de classes de revenus différentes. 

La DREES analyse la solidarité dans l’assurance maladie au regard de deux principes d’équité. Il s’agit d’abord du principe d’équité horizontale dans la consommation qui vise à garantir que chacun reçoive les soins nécessaires en fonction de ses besoins, indépendamment de sa capacité à les payer. 

Le second principe d’équité est l’équité verticale dans le financement qui a pour but, avant tout, de garantir un égal accès aux soins à tous grâce à la déconnexion entre l’utilisation des soins et leur financement. 

La solidarité du système d’assurance maladie français dépend principalement de son financement

La DREES précise que la solidarité entre groupes de revenus est analysée à l’aide d’un indice de solidarité dont la valeur est d’autant plus élevée que les transferts des plus riches vers les plus démunis sont importants. 

Selon la DREES, l’indice de solidarité calculé pour le système d’assurance maladie français est égal à 0,19. Un indice de solidarité positif n’implique pas forcément le respect des deux principes d’équité dans la consommation et le financement. 

La DREES souligne que le principe d’équité verticale requiert que le financement des soins ne creuse pas les inégalités de revenu. 

De plus, certains ménages modestes, comme les bénéficiaires de minima sociaux et les retraités modestes, sont exonérés de la CSG. Enfin, les allègements de cotisations sociales patronales pour les bas salaires diminuent les cotisations assises sur les ménages ayant des revenus faibles. 

 

Comment s’organise la solidarité entre malades et bons portant ?

Selon la DREES, la première solidarité recherchée par un système d’assurance maladie, qu’il soit public ou privé est une solidarité entre les malades et les bien portants. 

Cela se manifeste notamment, selon l’étude de la DREES, par le fait que dans les assurances privées les primes des individus en bonne santé financent les soins des malades, au sein d’une même classe de risque. 

La DREES souligne que dans les systèmes publics de santé, la solidarité entre malades et bien portants se double d’une solidarité entre les hauts revenus et les plus modestes. Selon la DREES, il s’agit de s’assurer que les plus modestes peuvent obtenir un meilleur accès aux soins que celui qu’ils auraient eu dans un système sans couverture mutualisée du risque maladie. 

L’assurance maladie complémentaire et la solidarité : une contribution très faible

Selon l’étude de la DREES, la solidarité mise en œuvre par l’assurance complémentaire est bien moindre que celle assurée par l’assurance maladie obligatoire avec un indice de solidarité de 0,01. 

Pour la DREES, cela illustre les différences de logique entre l’AMO et l’AMC. En effet, les remboursements versés par les organismes complémentaires sont d’autant plus importants que les primes de souscription aux contrats sont élevées. 

La DREES souligne toutefois que certains organismes de couverture complémentaire pratiquent une tarification solidaire en fonction du revenu, mais ces contrats sont peu fréquents et ne permettent ainsi pas de générer une solidarité puissante. 

 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #10 : Le Triparator boosté à l'IA en bêta test

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

You May Also Like
gouvernance
Lire plus

La représentation du personnel en entreprise reprend des couleurs en 2024

Après cinq ans de recul, la représentation élue des salariés repart légèrement à la hausse en 2024. La dernière étude de la Dares sur le sujet indique que 37,2% des entreprises de 10 salariés ou plus disposent d'au moins une instance élue en 2024, soit 1,4 point de plus qu'en 2023. Un rebond réel surtout porté par les structures les plus petites. ...

Comment les cotisations collectives santé-prévoyance seront traitées dans le montant net social

La dernière mise à jour du Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) intègre des mesures dédiées au montant net social qui seront actées dans un décret en cours de validation. On y découvre notamment comment seront intégrées (ou non) les cotisations santé et prévoyance collective dans le montant net social à partir du 1er janvier 2027. ...
Lire plus

PLFSS 2027 : ces amendements de taxes qui pendent au nez des OCAM en commission

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027) arrive ce lundi 12 octobre en commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale. Les députés commenceront leur examen dans la soirée avec plus de 1 600 amendements à étudier. Cette année ne fait pas exception et des propositions de tous bords intéressent les organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM). ...
Lire plus

Tiens, le coût des cures thermales va aussi être transféré un peu plus aux OCAM

Nous pensions que les prochains transferts de charges en direction des organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM) ne concerneraient que l'hospitalisation. Que nenni ! La ministre de la santé Stéphanie Rist vient de glisser que les cures thermales feraient aussi partie du voyage pour la modique somme de 200 M€ supplémentaires. ...