Chez Aéroport de Paris, l’accord de rupture conventionnelle collective est rejeté par la direction

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CFE-CGC.

Pourquoi la direction d’ADP ne ratifie-t-elle pas l’accord de rupture conventionnelle collective signé à l’unanimité des syndicats représentatifs ? 

Depuis la fin du mois d’août, la direction d’Aéroports de Paris a engagé des négociations avec les organisations syndicales représentatives sur trois accords, Activité partielle de longue durée, Rupture conventionnelle collective et Accord de performance collective. 

Depuis le début des négociations, la direction a insisté sur l’obligation de signer les trois accords ou rien. Pourquoi avoir alors négocié trois accords distincts et pas seulement un ? 

A souligner qu’il s’agit là d’une procédure inédite que des entreprises, même encore plus en difficulté qu’ADP, n’ont pas utilisée en organisant des négociations séparées, plus respectueuses de leurs salariés et des organisations syndicales ! 

La CFE-CGC et la CGT n’ont pas cédé à ce chantage et ont décidé de ne signer que l’accord de Rupture conventionnelle collective, ce qui s’est traduit, in-fine, par une signature unanime ! 

Les deux organisations syndicales s’étonnent donc de lire dans le communiqué de presse de la direction d’Aéroports de Paris que : « Le Groupe ADPprend acte de la décision de la majorité des organisations syndicales représentatives de ne pas signer l’ensemble des trois accords ». Comme pour l’engagement de non-licenciement pour motif économique (qui est conditionné à des objectifs de trafic), la direction travestit la réalité pour pouvoir engager un Plan de Départs Volontaires suivi d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi. 

La signature de la RCC permettant de limiter le nombre de licenciements envisagés dans le cadre d’un PSE, la CFE-CGC et la CGT sont donc dans l’attente de la ratification de cet accord par la direction. 

La direction doit aussi informer les salariés de ses intentions, qu’elle avait d’ailleurs annoncées aux Organisations Syndicales Représentatives et utilisées comme moyen de pression. Quel que soit le résultat des négociations, la direction avait décidé, y compris de façon unilatérale, de procéder à : 

  • Des millions d’euros d’économies sur le dos des salariés, leur faisant supporter l’essentiel de la charge de cette crise sanitaire, économique et sociale ;
  • Des suppressions d’emplois, 700 annoncés, en réorganisant de nombreux secteurs de l’entreprise ;
  • Des licenciements, alors que comme chacun le sait, il faut pouvoir les justifier économiquement.

 

La CFE-CGC et la CGT sont restées cohérentes depuis le début de cette épreuve et toujours avec pour seul objectifs de défendre les intérêts de TOUS les salariés. Les menaces de licenciement existent bel et bien dans les deux accords que nous n’avons pas signés. La direction doit assumer ses choix et ne pas faire supporter sa décision de substituer un PSE à la RCC aux organisations syndicales. 

Ces mesures drastiques envers les salariés ne sont pas uniquement liées à la crise mais à la préparation de la privatisation… 

La direction actuelle d’ADP prend toujours plus à cœur les intérêts de ceux qui prospèrent et s’enrichissent au détriment de ceux qui, par leur travail, ont fait prospérer l’entreprise.  

Pourquoi la direction met-elle en place un Plan de Départs Volontaires alors que l’accord de Rupture Conventionnelle Collective a été signé UNANIMEMENT et qu’il permet de répondre rapidement à son besoin de réduction des effectifs ! 

Ces négociations n’auraient-elles été qu’un leurre et une manipulation pour mettre à mal les syndicats majoritaires et leur faire porter la responsabilité d’un PSE déjà décidé par la direction ? 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la FNIM parle du poids des normes prudentielles sur les mutuelles

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

You May Also Like

Les primes et indemnités conventionnelles sont révisées dans la CCN des équipements thermiques

Un accord relatif aux primes et indemnités a été conclu dans la CCN des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise de l’exploitation d’équipements thermiques et de génie climatique (IDCC 998). Il a été signé le 17 juillet 2026 par l’organisation d’employeurs FEDENE ; ainsi que par le syndicat de salariés FNCB-CFDT. Le texte fixe les montants des...

Les nouveaux salaires 2026 dans la CCN des non-cadres des exploitations d’équipements thermiques

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la CCN des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise de l’exploitation d’équipements thermiques et de génie climatique (IDCC 998). Il s’agit de l’accord du 17 juillet 2026 qui a été signé par l’organisation d’employeurs FEDENE ; ainsi que par les syndicats de salariés FNCB-CFDT, CGT et FO. Le texte...