Les mutuelles et la Sécu se tiennent-ils par la barbichette, contrairement à ce que la légende forgée dans une partie de l’opinion publique fait croire ? Beaucoup nourrissent en effet le mythe d’une armée « d’assureurs privés » qui oeuvreraient dans l’ombre pour privatiser la santé des Français, grande conquête sociale de la Libération. Ces derniers mois ont donné un regain à ce fantasme, avec une vaste campagne dénigrant un prétendu néo-libéralisme qui aurait sciemment appauvri l’hôpital public pour justifier sa privatisation. Le retour du directeur général de la FNMF, temple de l’assurance santé complémentaire, au sein de l’assurance maladie, à la demande du directeur général de celle-ci, Thomas Fatome, illustre la profonde connivence qui existe en réalité entre les organismes complémentaires et lasécurité sociale.
Les mutuelles sont-elles vraiment le loup néo-libéral affamé qui rode dans les couloirs de l’hôpital public pour le privatiser et gagner enfin des milliards sur le dos des Français malades et des assurés sociaux ? Cette image d’Epinal a repris un coup de jeune ces derniers mois au fur et à mesure du naufrage de la bureaucratie sanitaire dans la gestion du COVID.